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Le Fonds du Logement 30 ans - Articles

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Diplômé de La Cambre, à Bruxelles, M. Vercruysse est un des co-fondateurs, en 1998, du bureau d’architecture «Atelier du Sud» à Pétange. Le bureau est actif dans les communes environnantes et travaille avec un panel de clientèle diversifié. A deux occasions, l’«Atelier du Sud» s’est vu confié par le Fonds du Logement la réalisation d’importants chantiers à Niederkorn, dans la commune de Differdange.

Entretien avec M. Raphaël Vercruysse du bureau d'architecture «Atelier du Sud» Monsieur Vercruysse, vous avez travaillé à deux reprises pour le Fonds du Logement.

Pourriez-vous nous parler de ces expériences?

Le premier projet qui nous a été confié par le Fonds du Logement consistait à rénover d'anciennes maisons de la rue de Longwy pour en faire des logements locatifs. Ce fut un travail de longue haleine, ces bâtiments étant pour l'un une maison de maître pour d'autres de simples granges ou de très petites maisons ouvrières. Il fallait tout mettre sur un même niveau correspondant aux standards locatifs du Fonds du Logement. Nous estimons cette opération réussie car nous avons pu préserver l'unité architecturale de l'ensemble, apporter une certaine densité tout en conservant des espaces privatifs avec un petit jardin.

Qu'en est-il du second projet ?

Il s'agit du projet «Im Mai», dont les travaux ont commencé en septembre 2006. Nous avons réalisé la construction de 16 logements pour personnes âgées ainsi que d'une salle polyvalente et deux unités d'éducation précoce. Le Fonds du Logement avait pour ce projet un programme net et des exigences de qualité très claires; le bâtiment devait être une de leurs premières constructions basse consommation d'énergie et apporter une réelle valeur ajoutée en termes environnementaux. Il devait être bien étudié car il s'agissait d'une réalisation très différente de ce à quoi nous sommes généralement confrontés, nous ne pouvions donc pas prolonger des habitudes, ce qui est toujours très stimulant.

Bref, la collaboration étroite avec SGI et le service technique du maître d'ouvrage a rendu la conception et la réalisation du projet motivante avec à la clef une qualité architecturale qui nous convenait.

Le Fonds du Logement accorde beaucoup d'importance à l'aspect écologique dans la réalisation des bâtiments. Comment avez-vous intégré cet aspect dans le projet «Im Mai»?

Nous avons eu un réel souci de nous rapprocher au maximum des concepts du développement durable. L'accent a été mis sur les économies d'énergie, mais également sur le fait que nous voulions limiter au maximum l'impact environnemental sur tout le cycle de vie du bâtiment. Cela induit une réflexion large sur la mise en forme architecturale, le choix des matériaux, les choix techniques et les moyens de mise en œuvre.

Concrètement, qu'avez-vous proposé?

Nous pouvions prendre comme référence les autres expériences réussies desquelles nous avons retenu la qualité du système «PassivHaus» et l'approche plus globale des systèmes «HQE» et «BEEAM». En simplifiant, la logique PassivHaus permet de garantir une performance énergétique sans tenir compte des matériaux avec lesquels on y arrive. Le système HQE propose une vision globale mais ne donne pas de résultats normalisés. Une approche s'appuyant sur ces deux «méthodes», nous a permis de garantir une faible consommation énergétique tout en mettant en œuvre des matériaux et techniques ayant un impact environnemental réduit.

Tout d'abord le bâtiment est bien isolé et équipé d'une ventilation avec échangeur pour répondre au niveau «Basse Energie».

En second lieu, le bâtiment est construit essentiellement en bois, ce qui, aux termes du protocole de Kyoto , permet le stockage de l'équivalent de 1600 To de CO2.

Pour vous donner un ordre de grandeur, les émissions annuelles de CO2 dues au système de chauffage s'élèvent, pour un bâtiment standard de ce gabarit, à plus de 30 To/an. Les 1600 To correspondent dès lors à environ 53 ans d'émissions de CO2.

Les techniques de construction peuvent donc avoir un impact plus grand et plus immédiat que la simple réduction des besoins de chauffage. Cela n'enlève évidemment rien à la nécessité d'isoler correctement.

En troisième lieu, nous avons retenu un système de chauffage au bois, pour favoriser le cycle de CO2 court et passer de 30 To/an à une quantité minimale.

Enfin, nous avons aussi mis en place un système de récupération et de stockage des eaux de pluies, des mesures ont été prises au niveau de l'éclairage et de l'électroménager afin de limiter la consommation électrique.

L'ensemble de ces dispositions a permis la construction d'un bâtiment dont l'impact environnemental est fortement réduit par rapport à une construction traditionnelle.

Comment avez-vous géré la difficulté de devoir réaliser une construction moderne en l'intégrant dans un espace urbain plus ancien, tout en rendant l'ensemble homogène?

Le Fonds du Logement fait la promotion d'une architecture contemporaine s'intégrant parfaitement dans l'existant. Fort de ce constat, le bâtiment que nous avons réalisé montre avec quels matériaux il est construit tout en s'inscrivant parfaitement dans la continuité du tissu urbain. Il assure une prolongation de bâti entre l'hôpital et le centre de Niederkorn. Dans le gabarit des constructions avoisinantes, il apparaît compact ce qui est une conséquence directe du facteur de forme limitant les déperditions thermiques.

Cela dit, la question de l'intégration n'est pas qu'architecturale, le choix du programme et la relation qu'il tisse avec l'environnement sont aussi importants que la mise en forme architecturale. Ces choix organisent une vie sociale positive autour du projet et notre rôle a été d'accentuer ces aspects dans la conception des espaces, en vue de favoriser la mixité sociale et la convivialité ce qui, pour des personnes âgées, est essentiel. Dans cet état d'esprit rassembler une salle d'activités de quartier, une éducation précoce et une résidence de personnes âgées dans un projet a été naturellement très positif. Cette réussite est plus liée aux synergies entre le maître d'ouvrage et la ville de Differ-dange qu'à l'architecte

Note:

(1) En hiver, l'air de ventilation transite par une conduite enterrée. Au cours de son voyage, l'air va se réchauffer et permettre ainsi une économie de chauffage («puits canadien»). En été, le même dispositif permet de rafraîchir l'air (on parle de «puits provençal»).

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