La rénovation du Grund Imprimer
Le Fonds du Logement 30 ans - Articles

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Au début des années 80, le Fonds du Logement entreprend la rénovation du Stadtgrund, ce quartier historique de la Ville de Luxembourg, alors laissé à l'abandon.

A cette époque, nombre de bâtiments se trouvent dans un état précaire. Compte tenu de l'insalubrité de la plupart des habitations du quartier, de nombreux habitants quittent les lieux. D'autres, les plus démunis, n'ont d'autre choix que de rester. Parallèlement à cela, de nouveaux habitants viennent s'installer dans le Grund, principalement des familles de travailleurs immigrés portugais ou italiens, recherchant des habitations dont les bas loyers correspondaient à leurs revenus modestes.

Plus les années passent et plus la situation devient intenable pour les habitants. Ceux-ci n'ont pas les moyens financiers d'entretenir leurs habitations. Quant aux propriétaires, ils ne semblent pas disposés à entretenir des bâtiments qui leur rapporte si peu.

La situation est si dramatique que les médias finissent par s'intéresser aux problèmes des habitants du Stadtgrund. Les journalistes mettent l'accent sur le côté tragique de la situation, mais ne manquent pas pour autant de remarquer le charme pittoresque du quartier.

Du coup, un intérêt réel pour les vétustes immeubles du Stadtgrund

Rapidement, le quartier du Grund devient très à la mode. De nombreux acquéreurs, sans doute lassés de vivre dans des lotissements stéréotypés, ont trouvé plus «chic» de s'établir dans un faubourg, à condition cependant que l'ensemble réponde aux critères du haut de gamme contemporain!

Tout le monde, habitants et pouvoirs publics, reconnaît qu'une telle évolution comportait le risque d'une déstructuration du quartier. En effet, plusieurs problèmes majeurs se posent: comment les couches les plus défavorisées de la population parviendraient-elles à s'opposer à la puissance des investisseurs privés? Où trouveraient-elles un nouveau logement répondant à leurs critères économiques et financiers? Les habitants auraient-ils encore les moyens de s'offrir une habitation dans le Grund alors que celui-ci allait connaître inévitablement une flambée des prix de loyers? La situation demeure problématique. Tout le monde se dispute le Stadtgrund. D'un côté, l'Etat, la Ville et les habitants cherchent une méthode d'assainissement cohérente et socialement acceptable; d'autre part, les intérêts privés privilégient des projets à haut rendement.

Le Grund devient «zone d'assainissement»

Il faut attendre que la Ville de Luxembourg déclare par un vote unanime, le 24 octobre 1983, que le Grund est désormais considéré comme «zone d'assainissement». Quelques jours auparavant, le 11 octobre 1983, une convention avec le Ministère de la Famille et du Logement social avait déjà été signée, dans le but de régler l'interaction entre les participations de l'Etat et de la Ville dans le cadre de l'assainissement du quartier.

Cette déclaration prévoit non seulement d' «augmenter la qualité de la vie par l'assainissement progressif des îlots en améliorant la salubrité et l'habitabilité des constructions existantes», mais aussi de «créer des logements sur des terrains non construits et transformer en habitations des bâtiments existants initialement destinés à d'autres affectations».

Quant aux pouvoirs publics, ils définissent l'assainissement comme suit:

«les travaux à exécuter doivent aller au-delà d'une simple conservation du patrimoine architectural. Ils doivent valoriser et rénover l'habitat de ce faubourg historique en l'adaptant aux besoins d'une population spécifique. D'un autre côté, il faut se garder d'une modernisation outranciè-re des maisons qui risquerait de nuire à la population locale en entraînant une augmentation trop considérable de la valeur des logements et, partant, de leurs loyers». Au vu de cette déclaration, il semblait évident que le Fonds du Logement était l'acteur idéal à impliquer dans la réalisation de ces travaux.

Le réaménagement de la «Winnschoul »

Le réaménagement complet de l'ancienne «Winnschoul» (1) a été le tout premier projet auquel s'est attaqué le Fonds du Logement dans le quartier du Grund.Il était essentiel d'éviter la disparition de ce bâtiment historique. C'est pourquoi le Fonds du Logement, plutôt que d'envisager sa démolition, a décidé de procéder à son assainissement en vue de créer des habitations financièrement abordables et de bonne qualité. 14 appartements ont été réalisés entre 1980 et 1984, ainsi que 5 cabines de douches publiques destinées aux habitants du Stadtgrund qui ne jouissaient pas encore de ce confort.

L'action du Fonds du Logement dans le quartier du Grund fut unanimement saluée. A l'époque, le «Luxemburger Wort» écrivit dans ses colonnes que l'on avait «créé un ensemble exemplaire, une carte de visite du Stadtgrund». A l'occasion de l'inauguration du complexe, le «Comité international pour le Sauvetage du Grund» avait également diffusé un communiqué de presse dans lequel il exprimait sa satisfaction à l'égard des initiatives de restauration prises par le Fonds du Logement et par l'Etat, tout en exigeant la construction d'autres logements sociaux.

Les besoins du quartier ont bel et bien changé en profondeur et l'on peut sans conteste parler d'une énorme évolution en moins de trois décennies. A titre d'exemple, les douches publiques de la «Winnschoul», créées en 1984, furent fermées au milieu des années 1990 avant d'être transformé en «Internetstuff».

Une grande part du mérite du travail accompli dans le quartier revient au Fonds du Logement. Ses efforts ont notamment contribué à transformer des immeubles vétustes en logements salubres; efforts qui, depuis, ont été imités. A l'heure actuelle, le Fonds du Logement totalise près de 80 habitations et 17 surfaces commerciales dans ce quartier où il fait désormais bon vivre .

Notes:

1) Le bâtiment, construit entre 1807 et 1809, possède une histoire importante. En effet, il servit d'abord de prison (jusqu'en 1869), avant d'être transformé en fabrique de souliers (jusqu'en 1891), puis en maison d'éducation pour garçons. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, le bâtiment a aussi hébergé les bibliothèques des bénédictins de Clervaux et des rédemptoristes d'Echternach. A la fin de la guerre, des prisonniers politiques y furent détenus. Enfin, l'établissement subit divers travaux de transformation en vue de la création de logements de service pour le personnel de la prison.

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