Le Fonds du Logement et l’urbanisme Imprimer

Tags: Fonds du Logement

Le Fonds du Logement 30 ans - Articles

fdl-urbanisme

fdl-urbanisme

L'engagement du Fonds du Logement dans l'urbanisme est remarquable, notamment en termes de développement et de réhabilitation de quartiers urbains. La rénovation de certains vieux quartiers ne sert pas seulement à la sauvegarde du patrimoine culturel, mais également au maintien d'une certaine animation et à la préservation des fonctions économiques. Le Fonds est également soucieux de favoriser la mixité urbaine et sociale.

Le tissu urbain d'une ville change constamment: de vieux bâtiments sont détruits et remplacés par des constructions modernes, des rues sont réaménagées, la croissance économique et démographique débouchent sur la création de nouveaux espaces d'habitation, etc. Cependant, cette évolution n'est pas uniforme: certains quartiers sont menacés par leur forte croissance, d'autres le sont par manque d'initiative ou d'incitation à l'expansion. Aussi, dans le domaine de la rénovation urbaine, il faut tenir compte des facteurs qui sont à la base de la dégradation du milieu urbain: création de quartiers monofonctionnels, vétusté des bâtiments, vieillissement du patrimoine immobilier, circulation automobile, implantation massive du secteur tertiaire, mauvaise intégration des constructions neuves, défiguration des façades, etc. Face à ces problèmes, le Fonds du Logement poursuit les objectifs suivants:

  • revitalisation et réanimation des centres urbains
  • création d'un habitat diversifié pour toutes les classes de la population
  • amélioration de la qualité des logements et du cadre de vie en général
  • assainissement d'îlots et suppression des taudis
  • préservation et mise en valeur de l'héritage architectural et culturel
  • gestion économe du patrimoine immobilier et utilisation rationnelle du sol et des équipements
  • respect des structures sociales existantes
  • participation accrue des autorités communales et de la population

Lorsque le Fonds du Logement entreprend la rénovation de quartiers, la règle d'or est bien évidemment de respecter autant que possible l'environnement de ceux-ci, tout en favorisant l'amélioration de la qualité des logements et du cadre de vie. De telles initiatives, de même que la revalorisation d'anciens sites industriels, l'assainissement d'îlots et la suppression de taudis favorisent la préservation et la mise en valeur d'un héritage architectural et culturel, là où le promoteur privé hésite à s'engager.

Une rénovation urbaine prudente se doit donc de prendre en compte aussi bien les intérêts de la conservation des monuments historiques que les nécessités socio-économiques générées par le développement urbain moderne.

Le Fonds a des atouts importants à faire valoir dans ce domaine: peu d'autres opérateurs ont à la fois une compétence en maîtrise d'ouvrages, en gestion locative et en gestion sociale. Peu sont capables de conduire à la fois des opérations immobilières lourdes et d'assurer en même temps le relogement éventuel des habitants. En faisant jouer ces atouts, le Fonds du Logement aide non seulement les villes et les communes à rééquilibrer l'offre d'habitat social, mais il devient également un ensemblier capable de lancer des initiatives urbanistiques, d'acquérir des terrains, des immeubles, de mener des opérations de rénovation en maîtrise d'ouvrages, de prendre en charge la vente ou la location des bâtiments construits et d'assurer la maîtrise d'ouvrage d'équipements de proximité.

Ainsi, le Fonds du Logement est un acteur principal qui répond au souci de voir les centres villes et les anciens sites industriels remis en valeur, assainis et accessibles à une véritable mixité sociale et urbaine. Cette notion de mixité urbaine est d'ailleurs, selon Daniel Miltgen, la notion la plus importante lorsque l'on parle d'urbanisme. Dans une interview accordée en 2008 au magazine Architecture & Bâtiment(1), il déclarait:

«Je me bats tous les jours pour ne pas voir construire des structures monolithiques, que ce soit des cités de travail ou des cités dortoir. Regardez le Kirchberg: de grands architectes ont crée de beaux bâtiments, mais ceci dans un assemblage de différents quartiers isolés de travail et de logement. […] Je suis convaincu que cette approche n'est pas la bonne. Regardez nos problèmes de transport: tout le monde part d'un quartier dortoir à la même heure vers un quartier de travail. Le reste du temps, la circulation est fluide, le problème du transport est donc avant tout un problème d'urbanisme. Nous devons modifier nos structures. Il faut faire des quartiers mixtes dans lesquels on puisse vivre, travailler, faire ses courses, sortir, etc.»

Et de rajouter, à propos de la mixité sociale:

«Il n'y a pas besoin de regarder loin pour constater que créer des ghettos urbains, même des ghettos BCBG, favorisent surtout le communautarisme et le repli sur soi. Un quartier où il fait bon vivre est un quartier où se côtoient aussi bien des médecins, des avocats, que des ouvriers et des employés, ainsi que des gens de toutes cultures.» Le Stadtgrund et le quartier Bonne-voie sont deux exemples parfaits de cette notion de «quartier mixte». Ce sont des quartiers aussi bien populaires que recherchés, où l'on trouve des commerces, des bureaux, des infrastructures socio-économiques, des habitations, et où cohabitent harmonieusement différentes classes sociales.

Le Fonds du Logement propose des logements de bonne qualité à des prix abordables, que ce soit à la location où à la vente. Toutes ces réalisations sont remarquables: innovantes tout en étant respectueuses de la tradition et de l'environnement du bâti, elles entrent en parfaite harmonie avec le tissu urbain existant. De plus, en encourageant la mixité sociale, le Fonds a démontré que le système de ghetto peut être banni, et ce grâce à une collaboration efficace entre des pouvoirs publics expérimentés et des architectes inventifs.

Share this post