Le Palais de Justice Imprimer

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Le Palais de Justice

A partir de 1565, le prince Pierre Ernest de Mansfeld, gouverneur du Duché de Luxembourg, décide d'installer l'hôtel du gouverneur dans une maison échevinale existante, à une époque où le site du pouvoir politique, à savoir le château féodal, est en ruine.

En 1604, son successeur, le gouverneur et comte Berlaymont procède à l'agrandissement de l'hôtel. Le général autrichien Bender est le dernier locataire de l'hôtel du gouvernement. Il quitte les lieux en 1795 au moment où l'administration française prend le relais de la gestion du duché de Luxembourg, qui l'intègre dans le département des Eaux et Forêts. L'administration française décide de réaffecter le bâtiment à la Justice, et d'y introduire les tribunaux français (tribunaux civils et criminels 21 octobre 1795). C'est ainsi que le bâtiment est resté à ce jour un bâtiment administratif de la justice alors que des changements eurent lieu sur le plan de la politique et de la souveraineté du pays.

L'analyse architecturale permet de tirer quelques premières conclusions sur les parties affectées et réaffectées et sur les phases de constructions.

L'agrandissement du bâtiment et les affectations jusqu'au début du XIXe siècle:

Le bâtiment en forme de T est une construction de représentation comprenant en son noyau une construction initiale datant d'avant 1565, érigée par Nicolas Greisch, écuyer du souverain et échevin de la ville, puis agrandie sous le gouverneur Berlaimont, suivant la mode des palais du début du XVIIe siècle. Des salles en enfilade se suivent et forment de longs bâtiments avec des façades généreusement ajourées.

A l'intérieur les pièces de réception sont spacieuses et possèdent de très belles hauteurs. Les intérieurs sont richement décorés avec des tapisseries suspendues aux murs, des sols en bois, des plafonds en caissons de bois et des cheminées.

Au moment de l'affectation du bâtiment en Palais de Justice, le plan du bâtiment semble être parfaitement adapté à la nouvelle fonction, puisque les grandes pièces sont conservées et transformées en salles plénières et salles d'audience.

Les phases de constructions au XIXe siècle

Deux incendies du XIXe siècle semblent être à l'origine des transformations.

En 1843-1845, le bâtiment longeant la rue du Palais de Justice est transformé pour accueillir la gendarmerie, comprenant des bureaux, des logements et des écuries. La maison sise à son vis-à-vis dite maison Lucas Bosch, resp. maison Van der Noot ou Neumann est intégrée dans la propriété publique.

En 1882, l'arcade supérieure enjambant la rue du Palais de Justice est démolie. Des projets d'agrandissement du bâtiment existants circulent depuis quelques années, mais c'est enfin au cours des années 1880 que la décision pour une reconstruction partielle est prise. En effet, une nouvelle construction monumentale de style néo-renaissance, signée par Charles Arendt est construite contre les anciennes parties orientées vers la cour et la rue du Nord entre les années 1886 et 1888. Cette construction fait disparaître une partie du bâtiment longeant la rue du Palais de Justice et des bâtiments servant au dépôt de bois et aux archives construits contre la rue du Nord afin d'y aménager une grande place dégageant partiellement la nouvelle façade. A l'intérieur, ce nouveau bâtiment remplit les fonctions de vestibule et de zone de circulation, desservant les grandes salles plénières.

Conclusion

L'envergure du bâtiment actuel est déjà définie au cours de la première moitié du XVIIe siècle. Cependant, l'intervention de l'architecte d'Etat Arendt a rompu avec la monotonie des anciennes façades, quasiment démunies de décor, lorsqu'il crée une façade représentative avec une composition stricte et symétrique du bâtiment et des ornements évoquant la justice et la patrie. Une rénovation pour une réutilisation publique semble s'imposer au regard du caractère représentatif de ce bâtiment administratif .

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