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Entretien avec Henri Hinterscheid - Président de la société coopérative “Spidolswäscherei” Imprimer Envoyer

Tags: Luxembourg

Magazine Echo 2007-5
Henri Hinderscheid

Echo: Comment est née l’idée de la «Spidolswäscherei»?

Henri Hinterscheid:

L’idée est assez ancienne. Elle remonte à fin des année 80/début des années 90. A l’époque, les établissements hospitaliers étaient confrontés à un dilemme: réinvestir dans leur buanderie locale ou sous-traiter le nettoyage du linge hospitalier. Le durcissement des règles, tant au niveau de l’hygiène que du respect de l’environnement, rendait la solution locale très onéreuse, d’où l’idée de mettre en commun ces services autour d’une buanderie centrale. C’est au courant de l’année 1995, lors de la première étape de transformation de notre hôpital, que nous avons développé la première ébauche d’un centre d’approvisionnement externe englobant la buanderie et la cuisine. Le conseil d’administration a ensuite décidé de n’externaliser que la buanderie et de maintenir la production alimentaire sur site. Nous avons donc élaboré un projet de buanderie externe. Pour que ce projet soit économiquement réaliste, nous nous sommes tournés vers le Ministère de la Santé afin de trouver des partenaires, d’où la création d’une société coopérative pour une buanderie hospitalière régionale. Nous avons élaboré tout un projet mais au moment de la décision finale d’attribution du terrain, alors même que toutes les procédures commodo/incommodo étaient achevées, un dossier de buanderie centrale pénitentiaire fut soumis au bourgmestre de Sanem de l’époque. Le gouvernement a donc décidé d’intégrer notre buanderie dans le centre pénitentiaire et notre société coopérative a adhéré au projet.

Echo: Vous avez donc du tout recommencer?

Henri Hinterscheid:

Oui, car on passait d’un «simple projet industriel» à un véritable projet de société visant la réinsertion sociale des prisonniers. Il a fallu tout recommencer en conciliant deux logiques que tout oppose: la logique carcérale, par essence figée et rigide, et la logique industrielle, nécessitant une certaine flexibilité, d’une buanderie. Il a fallu innover pour trouver des interfaces entre ces deux logiques.

Echo: Peut-on parler d’un projet novateur?

Henri Hinterscheid:

C’est simplement la seule buanderie de ce type de cette taille au monde ! Il a fallu mettre en place une logique permettant de fonctionner à l’intérieur d’une prison comme dans une buanderie civile, malgré la difficulté que représente le passage d’une zone à l’autre dans l’univers carcéral.

Echo: Et où en est-on aujourd’hui dans ce projet?

Henri Hinterscheid:

Le projet a commencé à fonctionner le 10 octobre 2005. On a commencé par une phase test avec du personnel détaché de l’hôpital. Il a fallu ensuite peaufiner la production industrielle jusqu’à obtenir les standards de qualités requis. En janvier 2006, nous avons arrêté définitivement la buanderie de l’hôpital. A ce jour, la «Spidolswäscherei» est en phase de démarrage.On pourrait trouver cette période de mise en place relativement longue mais il a fallu que la logique industrielle épouse la logique carcérale, ce qui ne fût pas évident d’un point de vue logistique. Depuis un an, le système fonctionne bien, tant au niveau de la qualité du produit que du point de vue du système judiciaire.

Echo: Quels sont vos clients pour l’instant?

Henri Hinterscheid:

Nous suivons un plan pluriannuel de montée en puissance. La «Spidolswäscherei» s’occupe actuellement du linge de divers hôpitaux, dont entre autres le Centre Hospitalier Emile Mayrisch, le Rehazenter, la clinique Sainte Thérèse, etc.

Echo: Que répondez-vous à ceux qui estiment que c’est une concurrence au secteur privé du nettoyage?

Henri Hinterscheid:

D’abord ce n’est pas une concurrence mais un élément de réinsertion sociale. Ensuite, les hôpitaux se servaient de leur propre buanderie avant la mise en service du «Spidolswäscherei», il n’y a donc pas de manque à gagner pour les entreprises du secteur privé.

Echo: Quelques mots pour conclure?

Henri Hinterscheid:

Les premiers échos qui nous sont parvenus sont positifs. Travailler dans la buanderie aide à la réinsertion des prisonniers qui doivent y respecter une certaine discipline, tant en matière d’hygiène que de ponctualité et d’exactitude. Ce projet est très intéressant car il intègre des principes de sociétés auxquels nous adhérons. Ce projet humanise le prisonnier, qui peut, en travaillant, participer à la réparation du tort qu’il a causé à la société et ainsi concrètement payer sa dette. Il y a derrière ce projet toute une logique sociale d’intérêt général. Preuve de l’intérêt de ce projet, il s’est développé sous trois gouvernements différents qui l’ont tous soutenus .

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