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Ketterthill Laboratoires - Dr. Jean-Luc Dourson , directeur du laboratoire Imprimer Envoyer

Tags: Esch

Magazine Echo 2007-3

Echo : Avez-vous une taille critique suffisante pour couvrir les besoins du Luxembourg ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Au regard de la population du Grand Duché, avec les structures sanitaires existantes, qu’elles soient privées ou hospitalières, les besoins en service de proximité vis-à-vis des citoyens sont largement couverts. Notre « puissance de feu » en biologie médicale suffirait à absorber la taille d’un département français ou d’un land allemand. Avec une telle offre de service, la question n’est pas de savoir s’il est nécessaire d’avoir un nouveau laboratoire, mais bien d’envisager des collaborations à l’échelle européenne avec les structures existantes du pays.

Echo : Pourquoi ne pas sortir de nos frontières si nous en avons les moyens ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

C’est un objectif qui correspondrait à un développement logique de l’entreprise, tant dans une perspective régionale qu’européenne. Pour le secteur de la biologie médicale, dans le cadre de la Grande Région, les partenariats pourraient s’envisager avec la Belgique et la France, dont les structures sont proches des nôtres en terme d’organisation. L’Allemagne, quant à elle, s’est déjà restructurée il y a quelques années sous la forme d’une biologie industrielle trop éloignée de nos objectifs.

Echo : Pourquoi avez-vous utilisé le conditionnel ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Aujourd’hui, le principal frein à l’ouverture de notre activité à l’étranger ou à des étrangers repose dans la législation actuelle datant de 1984 et qui réglemente l’exploitation des laboratoires extrahospitaliers. A ce jour, la seule possibilité d’exploitation est en nom personnel et aucune société de capitaux n’est autorisée à exploiter un laboratoire d’analyses médicales. Il s’agit là d’un obstacle majeur à tout partenariat avec les pays voisins. Dans le cadre de l’européanisation des services, cet obstacle est même un danger pour le système de soins luxembourgeois, car à terme le risque est soit de voir venir sur notre territoire des structures avec lesquelles nous n’avions pas forcément souhaité collaborer, soit d'être totalement « satellisé » face à une réorganisation européenne de la biologie en cours de réalisation et dont le Grand-Duché de Luxembourg serait exclu. Aujourd’hui, l’enjeu est de comprendre que nous avons au Luxembourg des structures performantes et que nous avons la possibilité de choisir nos partenaires, afin que les pôles de compétence du Luxembourg soient exportés vers les pays voisins à travers un réseau de laboratoires ayant la même vision de la profession que nous.

Echo : Que signifieraient de tels partenariats ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Un tel partenariat ne signifie ni industrialisation de la biologie, ni système commercial au sens péjoratif du terme. Bien au contraire, l’existence d’un réseau tel qu' énoncé favoriserait une approche qualité, une diversification d’activité, une réduction des coûts de production et une offre de services plus riche dont pourrait bénéficier le Grand-Duché qui serait de plus un acteur de ce réseau. Prenons l’exemple du LLIP (Laboratoire Luxembourgeois d'Immuno-Pathologie), département spécialisé en auto-immunité du Laboratoire Ketterthill dirigé actuellement par le Professeur RL Humbel. Il collabore avec différents pays européens dans le cadre d’expertises et d’analyses. Le Luxembourg est déjà un pôle européen de compétence dans l’auto-immunité. Pour ne citer que quelques pays : Grèce, Allemagne, France, Belgique, Portugal transmettent déjà au LLIP certaines analyses spécialisées pour expertise. Cet embryon de collaboration européenne pourrait se décliner à une plus large échelle pour d’autres analyses ou dans le cadre d’une diversification d’activités (vétérinaire, anatomo-pathologie...). Autre exemple, nous avons déjà une collaboration existante dans le domaine analytique et logistique avec le laboratoire Pasteur Cerba de Paris (anciennement Institut Pasteur, dont le conseil d’administration est toujours composé de biologistes purs et non de financiers). Cette collaboration porte essentiellement sur le domaine de l’auto-immunité ainsi que certaines analyses que les structures luxembourgeoises hospitalières et privées ne peuvent réaliser. Cette collaboration Ketterthill-Pasteur Cerba pourrait très bien s’étendre dans le cadre d’un partenariat privé public à une collaboration avec le Laboratoire National de Santé, voir même le centre de recherche CRP Santé. En effet, à notre sens, le Laboratoire National de Santé actuellement en pleine restructuration, a pour vocation d’être un laboratoire d’analyses spécialisées et un laboratoire d’épidémiologie à l’échelle nationale. Un partenariat avec une plate-forme européenne lui donnerait une toute autre envergure. Pour ne citer que le département d’anatomo-pathologie, un tel partenariat permettrait une expertise et une formation sur base de la plate-forme locale. Autre exemple, au niveau du CRP, une collaboration avec Pasteur Cerba, le Ministère de la Santé, le Ministère de la Recherche et le Ministère de l’Economie pourrait être envisagée dans le cadre du projet « biobanking » lancé récemment.

Echo : Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce projet ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Une « biobanque » a pour vocation de stocker des échantillons humains, essentiellement du sérum, ayant des spécificités particulières, sur base de critères génétiques. Ces échantillons, conservés dans des conditions optimales, sont utilisés à des fins de recherche ou d’essais cliniques pour la mise au point de nouveaux traitements. Le projet « biobanking » est en cours de construction avec un institut de recherche américain. Pasteur Cerba possède déjà à ce jour une « biobanque » opérationnelle pour la France et la Belgique, via sa filiale belge BARC, un des leaders mondiaux des essais cliniques pour les laboratoires pharmaceutiques. Le LLIP possède lui aussi une collection de plus de 2.000 sérums dans le domaine de l’auto-immunité. Il paraîtrait donc naturel d’envisager une collaboration tripartite entre le Luxembourg, les Etats-Unis et la France.

Echo : Quel est le rapport entre une collaboration et une ouverture de capital ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Lorsque l’on parle de partenariat, il est nécessaire d’envisager une consolidation dans le temps, qui ne peut se faire qu'au travers d’une prise de participation capitalistique. En effet, pour qu’un tel réseau puisse exister et peser de tout son poids, il faut qu’il y ait une mise en commun des services pour que des économies d’échelle puissent être réalisées, avec par exemple un système d’achat de matières premières en commun, une mutualisation des équipements informatiques, une gestion centralisée de l’administration… ce qui impose nécessairement des participations croisées entre les différents acteurs. De plus, si une structure étrangère telle que Pasteur Cerba veut investir au Luxembourg, il est impératif qu’elle puisse avoir l’assurance que cette collaboration soit pérenne dans le temps.

Echo : Quels seraient les risques à ce que tout reste en l’état ?

Dr. Jean-Luc Dourson :

Le Luxembourg sera de tout de façon, à terme, obligé de se plier à la législation européenne. Le risque à trop attendre est d’abord de freiner le développement économique des entreprises actuellement en place et donc de se couper de l’effet d’un réseau sélectionné, en particulier dans les possibilités de diversification et de réduction des coûts. Ensuite, il faut garder à l’esprit le fait que les pays voisins ont déjà franchi le cap de la libéralisation des laboratoires sous l’effet de la pression communautaire, la Belgique en 2007 et la France en 2008. Le Luxembourg sera donc inéluctablement bientôt concerné. D’une façon ou d’une autre, si ce n’est demain, ce sera après demain, le Luxembourg devra se plier à la législation européenne. S’il le fait à temps, nous pourrons être des acteurs de l’européanisation de la biologie et ainsi atteindre la masse critique permettant de résister aux prétentions de certains groupements tels que certains laboratoires américains et australiens. A travers cette évolution, nous jouerons soit un rôle d’acteur maîtrisant l’évolution du système de soins en respectant l'identité locale du pays, soit nous adopterons une attitude de passivité par crainte du changement, auquel cas nous deviendrons des proies toutes désignées pour des groupes avec lesquels nous n’avons pas forcément d’affinités et ce sera la fin des structures actuelles et des pôles de compétences développés localement.

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