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Entretien avec Monsieur le Ministre Fernand BODEN Imprimer Envoyer

Tags: Fonds du Logement | Ministre

Magazine Echo 2009-1

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Fernand Boden

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Daniel Miltgen

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Entretien avec Monsieur le Ministre Fernand BODEN

Longtemps, au Grand-Duché, la demande en logements a été supérieure à l'offre. Qu'en est-il aujourd'hui? La situation s'est-elle équilibrée grâce au «pacte logement », adopté par la Chambre des Députés en juin 2008?

Echo: Longtemps, au Grand-Duché, la demande en logements a été supérieure à l'offre. Qu'en est-il aujourd'hui? La situation s'est-elle équilibrée grâce au «pacte logement », adopté par la Chambre des Députés en juin 2008?

Fernand Boden:

D'emblée, je tiens à préciser que cette loi du 22 octobre 2008 met à la disposition de l'Etat et des communes des instruments efficaces pour concrétiser sur le terrain les objectifs du «plan sectoriel logement », lui-même constituant, ensemble avec les autres plans sectoriels, un élément-clef du programme directeur de l'aménagement du territoire. Ces instruments permettront aux acteurs publics de s'investir dans une politique active de maîtrise du foncier et, partant, de l'habitat. Comptent parmi ces instruments, le pacte logement (convention avec les communes s'engageant à augmenter par la création de nouveaux logements leur population au-delà d'une croissance normale, où l'Etat est dorénavant autorisé à participer au financement des frais liés à la création de nouveaux logements et des équipements collectifs induits par cet accroissement de la population), le droit de préemption pour certaines catégories d'immeubles en faveur de l'Etat, des communes et du Fonds du logement, l'emphytéose et le droit de superficie, les mesures administratives (entre autres, l'amélioration de la loi de 2004 sur l'aménagement communal) et fiscales (exemption et l'impôt sur le revenu des plus-values et bénéfices réalisés sur des biens immobiliers aliénés à l'Etat ou aux communes, taxes en cas de rétention à des fins de spéculation de valeurs immobilières). Avec la signature de ce pacte par 83 communes, ainsi que l'application des différents instruments et mesures, j'estime que la situation sur le marché du logement se détendra au fur et à mesure.

Echo: On entend souvent que se loger décemment à un prix abordable est un droit fondamental qui n'est pas respecté à Luxembourg- Ville, à cause des prix immobiliers exorbitants pratiqués sur le territoire de la ville. Comment réagissez-vous face à ce genre de propos?

Fernand Boden:

Inutile de vous dire qu'en tant que ministre ayant le logement dans ses attributions, cette situation ne me donne guère satisfaction. Or, Luxembourg-Ville, comme capitale du pays, partage en quelque sorte le même sort que les capitales et grandes villes d'autres pays - ceci d'autant plus qu'une grande partie des emplois du marché du travail national se concentre sur son territoire. Les gens cherchent en effet à être le plus près possible de leur lieu de travail, afin d'éviter de longs trajets. Les responsables politiques de la capitale ont pris conscience de ce problème, ils se sont dits prêts à remédier à cette situation en augmentant à l'avenir l'offre en logements, notamment en logements financièrement abordables pour des jeunes ménages et ils viennent à cet effet de signer une convention

Echo: Pourriez-vous dresser le portrait du logement au Luxembourg?

Fernand Boden:

L'Observatoire de l'Habitat du Ministère du Logement a récemment publié les indicateurs du 3e trimestre 2008 con-cernant les prix proposés à la vente et à la location des logements. En ce qui concerne les prix proposés à la vente, les indicateurs pour les appartements et les maisons baissent de façon importante par rapport au même trimestre de l'année précédente. Quant aux prix proposés à la location, tant des maisons que des appartements, l'Observatoire note, entre les 2e et 3e trimestres 2008, également une diminution des prix. A en croire ces chiffres, la situation sur le marché immobilier national, qui a été tout de même assez tendue pendant des années, semble enfin commencer à se détendre. Toujours est-il que les ménages financièrement moins aisés ainsi que les jeunes au début de leur carrière professionnelle rencontrent aujourd'hui comme hier des problèmes à trouver un logement décent, financièrement abordable. A cette situation, il convient de remédier dans toute la mesure du possible.

Echo: Nous sommes actuellement dans une période de crise financière. Quel est l'impact de cette crise sur le logement?

Fernand Boden:

L'impact que cette crise aura finalement sur le secteur du logement au Grand-Duché est actuellement très difficile à prédire. Néanmoins, on peut constater deux phénomènes:Premièrement: les instituts financiers sont devenus un peu plus prudents en ce qui concerne la part du capital propre requis pour l'attribution de prêts hypothécaires; Deuxièmement: les investisseurs potentiels sont de moins en moins prêts à payer des prix ressentis comme exagérés. Ils prennent une attitude plus attentiste, ils observent le marché et surtout le développement des prix. La crise financière en soi, telle qu'elle s'est fait remarquer jusqu'ici au Luxembourg, n'a eu qu'un impact marginal sur le marché du logement au Grand- Duché. Cet impact a en fin de compte peut-être même été bénéfique - dans le sens d'un refroidissement de la surchauffe du marché et d'une baisse raisonnable des prix des logements existants, prix considérés comme trop élevés par tous les acteurs concernés. Le Luxembourg reste confronté à un accroissement de sa population; aussi, la demande de logements est-elle toujours existante. Les récentes mesures gouvernementales pour favoriser la création de logements et les fortes diminutions des taux d'intérêt des prêts hypothécaires ont par ailleurs rendu l'investissement dans la pierre très intéressant. Si, par contre, cette crise s'accentuait dans les mois à venir et si elle avait des répercussions prononcées sur l'économie réelle du pays, on peut supposer qu'elle aurait un impact non négligeable sur la demande de logements et donc sur les prix et, par conséquent, sur la construction de logements.

Echo: Comment percevez-vous l'action du Fonds du Logement, qui fêtera ses 30 ans l'année prochaine?

Fernand Boden:

Depuis sa création, le Fonds pour le développement du logement et de l'habitat oeuvre pour la création d'un habitat accessible et plus humain, souvent en étroite collaboration avec les autorités communales. Par le biais d'achats et d'aménagements de terrains à bâtir, mais aussi par la construction ou la réhabilitation de logements à coût modéré destinés à la vente ou à la location, le Fonds du Logement donne la priorité à sa vocation première, qui est sociale. Il permet à un nombre sans cesse croissant de personnes d'accéder - grâce à l'achat ou à la location, selon le cas - à un logement décent et à prix modéré, alors que ces mêmes personnes n'auraient pas pu réaliser leur rêve d'un logement propre sur le marché immobilier traditionnel. Mais le Fonds veille aussi à encourager la mixité sociale, en rassemblant - dans des quartiers dotés des infrastructures nécessaires favorisant la solidarité et la communauté de vie entre les habitants - des personnes issues de toutes couches sociales. A cet égard, la mise en vente de certains biens immobiliers aux enchères publiques, en dehors des dispositions relatives au logement subventionné, permet d'assurer au mieux la promotion de cette mixité sociale. Au-delà, le Fonds accorde une importance essentielle au respect de l'environnement naturel. Non seulement en essayant d'intégrer ses projets dans le paysage existant, mais également en les adaptant au plus près à l'architecture environnante et en recherchant des solutions efficaces en matière d'économies d'énergies. Cette exigence stricte en matière de respect de l'environnement va bien entendu de pair avec d'autres critères qualitatifs liés notamment à la fiabilité et à la durabilité des constructions de logements. Enfin, le Fonds étend également sa mission première à la rénovation urbaine: la planification optimale du développement urbain, la réhabilitation d'anciens quartiers, le maintien des animations sociales, la préservation des fonctions économiques locales, la sauvegarde d'un important patrimoine culturel, la création d'espaces conviviaux (des aires de jeux pour les enfants, des surfaces vertes,…) et de structures publiques (des crèches, des commissariats de proximité, des commerces de proximité, des écoles,…). Le tout permettant la création de quartiers mixtes sur un plan social, accueillants et vivants, en ce sens qu'ils permettent de répondre aux besoins premiers pour assurer une bonne qualité de vie de leurs habitants.

Entretien avec Daniel Miltgen Président du Fonds du Logement

En trente ans, le Fonds du Logement est devenu un «global player» en matière de développement urbain

Quel est votre sentiment à l'aube du trentième anniversaire du Fonds du Logement?

Daniel Miltgen:

Une grande fierté… en 30 ans, grâce au soutien de Messieurs les Ministres Jean Spautz et Fernand Boden ainsi que de leurs collaborateurs, à la coopération de nos divers partenaires et au travail de l'ensemble de l'équipe du Fonds du logement, celui-ci est devenu l'un des premiers promoteurs au Grand- Duché de Luxembourg, mais pas seulement cela... Si, à ce jour, le Fonds offre un portefeuille de plus de 1.550 logements en location et a permis à +/- 1.100 familles de devenir propriétaires, il favorise également l'essor des commerces de proximité, l'aide aux associations, etc.: de l'idée «d'aide au logement» est né tout un concept d'urbanisme et d'habitat en réponse aux besoins de la société.

Echo: Quelles sont les festivités prévues pour cet anniversaire?

Daniel Miltgen:

Les festivités ont commencé dès le mois de janvier 2009 avec l'exposition de la collection collection «Images sociales de l'Arbed» du Fonds du Logement et la publication de l'ouvrage y relatif, en collaboration avec Madame Antoinette Lorang, historienne de l'art. D'autres événements suivront tout au long de l'année, lors desquels le Fonds mettra en avant son histoire et son avenir, avec notamment, la visite de ses réalisations et de ses futurs projets.

Echo: Comment avez-vous intégré le fonds?

Daniel Miltgen:

Après des études d'urbanisme et d'aménagement du territoire à Vienne, j'ai intégré en 1983 le Ministère de l'Intérieur. En 1989, suite aux élections, Monsieur Jean Spautz, à l'époque Ministre de l'Intérieur, m'a demandé de développer avec lui un nouveau ministère: le ministère du logement et de l'urbanisme. Parallèlement, je suis devenu président du Comité directeur du Fonds du Logement.

Echo: Comment appréhendez-vous votre fonction de président du Fonds du Logement?

Daniel Miltgen:

Il faut savoir que suite à l'entrée en vigueur des dispositions de la loi du 8 novembre 2002 modifiant la loi du 25 février 1979 concernant l'aide au logement par laquelle il a été institué, l'établissement public autonome appelé Fonds pour le développement du logement et de l'habitat s'est vu attribuer une palette plus diversifiée d'activités. Il lui appartient dorénavant de réaliser de sa propre initiative, en collaboration notamment avec les autorités communales, dans le cadre du développement urbain et rural, toute opération de développement du logement et de l'habitat. Autrement dit, le Fonds du Logement est en train de devenir un «global player» en matière de développement urbain. Sa mission ne se limite pas à la construction de logements, car il a aussi pour mission de réaliser l'habitat c'est-à-dire, des commerces, des infrastructures socio-économiques, des bureaux...

Echo: Quel est à votre avis la notion la plus importante lorsque l'on parle d'urbanisme?

Daniel Miltgen:

C'est la notion de mixité urbaine. Je me bats tous les jours pour ne pas voir construire des structures monolithiques, que ce soit des cités de travail ou des cités dortoir. Regardez le Kirchberg, de grands architectes ont crée de beaux bâtiments, mais ceci dans un assemblage de différents quartiers isolés de travail et de logement. Regardez la capitale, il y a des lieux où l'on travaille et d'autres où l'on habite. On met aussi tous les lycéens au même endroit. On a commencé au Limpertsberg, on a fait des mauvaises expériences mais on refait la même chose à Hollerich-Merl. Je suis convaincu que cette approche n'est pas la bonne. Regardez nos problèmes de transport, tout le monde part d'un quartier dortoir à la même heure vers un quartier de travail. Le reste du temps, la circulation est fluide, le problème du transport est donc avant tout un problème d'urbanisme. Nous devons modifier nos structures ! Il faut faire des quartiers mixtes dans lesquels on puisse vivre, travailler, faire ses courses, sortir, etc. Après avoir abordé la notion de mixité des fonctions urbaines, il convient d'aborder la notion de mixité sociale. Il n'y a pas besoin de regarder loin pour constater que créer des ghettos urbains, même des ghettos bcbg, favorise surtout le communautarisme et le repli sur soi. Un quartier où il fait bon vivre est un quartier où se côtoient aussi bien des médecins, des avocats, que des ouvriers et des employés, ainsi que des gens de toutes les cultures.

Echo: Pourriez-vous nous donner quelques exemples de projets où la dimension de mixité urbaine et sociale a particulièrement été mise en avant?

Daniel Miltgen:

Un des projets les plus importants allant dans ce sens est sans doute le projet «Al Esch». Je pense aussi au Brill à Dudelange, ou encore au quartier Sauerwiss, réalisé en collaboration avec la ville de Luxembourg. On pourrait citer aussi le projet Nonnewissen actuellement en cours à Esch-sur-Alzette, ou aux différentes phases de l'assainissement du Stadtgrund. A l'heure actuelle, nous préparons un projet de très grande ampleur à Dudelange, sur une surface de 34 hectares, pour lequel nous avons lancé un concours international d'urbanisme et où les notions de développement durable et de mixité urbaine seront les maîtresmots.

Echo: Y a-t-il des projets réalisés par le Fonds qui vous tiennent particulièrement à coeur?

Daniel Miltgen:

Bien sûr. Je suis particulièrement fier de certains projets comme la cité écologique à Walferdange, ou le projet «Im Mai» inauguré l'an dernier à Niederkorn: un bâtiment à fonction mixte à basse énergie. Il s'agit là d'un projet unique au Luxembourg! Je suis fier également de notre projet «Eecher Schmelz» à Eich, projet qui s'est construit sur un ancien site industriel qu'il a fallu décontaminer. Nous travaillons aussi sur un immeuble situé route de Hollerich, projet-pilote que nous avons développé en collaboration avec Arcelor- Mittal, et qui est réalisé moyennant une structure métallique. Nous avons toujours dans l'idée d'innover, et je dois dire que le Comité Directeur du Fonds accueille généralement de telles idées et de tels projets très favorablement et avec une grande bienveillance.

Echo: Le Fonds du Logement a par ailleurs souvent innové sur le terrain de l'écologie et du développement durable...

Daniel Miltgen:

Tout à fait. Nous sommes très attachés aux principes de la durabilité et nous avons toujours innové dans ce domaine, comme à Walferdange où nous avons réalisé des expériences avec de nouveaux matériaux. Nous avons aussi réalisé des systèmes de chauffage par cogénération dans plusieurs de nos projets, etc. Ce dans quoi nous avons été des précurseurs il y a déjà longtemps, comme les constructions basseénergie, devient la norme un peu partout chez nous.

Echo: Nous sommes actuellement dans une période de crise financière. Celle-ci a-t-elle un impact sur les activités du Fonds et sur le logement en général?

Daniel Miltgen:

La crise n'a pas d'incidence sur le Fonds. Quant au marché immobilier, pour autant que je puisse dire à l'heure actuelle, il ne se porte pas trop mal: beaucoup de personnes préfèrent désormais investir dans la pierre. En fin de compte, la crise a plutôt un effet positif sur la pierre...

Echo: Vous avez réalisé un bilan très positif sur l'exercice 2007. Qu'est-ce que cela vous inspire pour l'avenir?

Daniel Miltgen:

Cela nous donne la force de continuer et d'envisager l'avenir sereinement, notamment en ce qui concerne le projet LDD à Dudelange que j'évoquais tout à l'heure. Ce projet est réalisé en collaboration avec un partenaire local, à savoir la Ville de Dudelange, qui fait preuve de courage pour s'investir dans la réalisation d'un nouveau grand quartier de la ville. Il adhère à la réalisation du développement durable sur le terrain, ce qui ne peut que nous réjouir.

Echo: Que peut-on, pour conclure, souhaiter au Fonds pour son trentième anniversaire?

Daniel Miltgen:

De continuer de mener à bien nos projets de la meilleure façon possible, et peut-être plus particulièrement le projet LDD. Comme je le disais tout à l'heure, la notion de mixité urbaine sera vraiment très présente ici: ce sera un endroit pour habiter, pour travailler, pour se divertir, pour faire ses courses, etc. Sur ce site, je pourrais véritablement réaliser et mettre en application tout ce que j'ai étudié à Vienne!

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