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L’Institut des Arts et Métiers de Virton investit dans un nouveau modèle de chauffage. Imprimer Envoyer

Tags: Virton

Magazine Architecture & Bâtiment 2008-98

Une ardeur d’avance, c’est toujours le cas à L’Institut des Arts et Métiers de Pierrard, situé à Virton, au cœur de la Gaume.

Alors qu’il y a 2 mois le département technique de la haute école Blaise Pascal parlait de délocalisation, l’Institut des Arts et Métiers de Pierrard, la plus grosse entité sur le site, entamait de nouveaux travaux d’Hercule.

En effet, outre la réfection de certains des bâtiments existants, un bâtiment nouveau verra le jour d’ici peu. Il se veut multifonction :

La première partie sera réservée au développement de l’électronique automobile, l’actuel garage étant devenu beaucoup trop petit, eu égard au nombre croissant d’élèves qui le fréquentent.

La deuxième partie sera réservée à l’implantation d’un Centre de Technologies Avancées, si du moins le dossier de mini-usine introduit par l’Institut auprès le la communauté française en juin dernier est retenu. On leur souhaite… Jusqu’à présent, il a passé avec succès toutes les étapes lui permettant de devenir éligible. Pierrard devrait être fixé dans le courant du mois de mai.

Quant à la troisième partie (la plus large et la plus haute), elle sera réservée aux maçons du CEFA qui quitteront ainsi l’ancien garage Breton situé à 200m de l’école.

Mais venons-en à ce qui nous intéresse ici : l’installation d’un chauffage par le sol, entièrement écologique et innovant, destiné à chauffer le nouveau bâtiment. Bernard Jacquemin, directeur de l’Institut, commente :

Nous innovons technologiquement puisque ce bâtiment d’une surface de 1200 m² au sol sera chauffé sans apport d’énergie fossile (pas de mazout, pas de gaz, pas de chauffage électrique) mais uniquement par un système de panneaux solaires, utilisation de la géothermie, chauffage sol et transfert de chaleur par pompe à chaleur. Dans notre région, le soleil fournit l’équivalent de 10 cm de mazout par an sur toute la surface du sol ! Si cette énergie pouvait être efficacement stockée, il y aurait 5 fois plus d’énergie qu’il ne faut pour chauffer une habitation! »

Un rapide calcul permet de mesurer les avantages de ce système en terme d’économie d’énergie: une maison de 100 m² au sol représente une consommation d’environ 10.000 litres de Mazout (soit cinq fois plus qu’il n’en faut pour chauffer la maison) ! En termes de retour sur investissement (près d’1 million d’euros), Monsieur Jacquemin espère que ce système de chauffage par le sol sera rentable à 100% d’ici trois ans.

Voyons plus en détails comment le procédé fonctionne :

Le chauffage du bâtiment est assuré par deux pompes à chaleur. Le captage des calories (source froide) se fait horizontalement, dans le sol, à l'extérieur du bâtiment, tandis que le chauffage du bâtiment (source chaude) se fait horizontalement, dans la dalle de sol du bâtiment.

En fonctionnement classique, la source froide se refroidi de plus en plus car on lui pompe sa chaleur. La seule énergie (chaleur) qui vient sensiblement régénérer cette source froide est fournie par les eaux qui s'infiltrent (pluie et eaux souterraines). C'est donc en fait la chaleur de l'eau contenue dans le sol à l'extérieur qui fourni l'énergie nécessaire à chauffer le bâtiment.

Dans le cas du système utilisé à Pierrard, des panneaux solaires ont été ajoutés. Ceux-ci servent à chauffer l’eau chaude sanitaire, mais aussi, et c’est là qu’est l’habileté du système, à régénérer la source froide de la pompe à chaleur. On peut alors parler de stockage géothermique de l’énergie solaire.

Etant donné que l’eau de pluie et de ruissellement n’est plus essentielle à la régénération de la chaleur dans la source froide de la pompe à chaleur, cette source froide peut être placée sous le bâtiment. Quand il y a du soleil, toute l’énergie solaire est captée et stockée.

Et quand il n’y a pas de soleil, le rayonnement solaire dit « diffus » permet de chauffer de l’eau à plus de 20°, ce qui correspond à deux fois plus que la température des eaux de pluies.

Signalons par ailleurs que grâce à un nouveau système de monitoring récemment installé, les étudiants mais également le monde extérieur aura la possibilité de réaliser des apprentissages sur ce nouveau modèle de chauffage. Grâce à quoi, ce qui est de l’ordre de l’innovation aujourd’hui à l’Institut des Arts et Métiers sera – espérons-le - monnaie courante d’ici quelques années !

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