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Entretien avec Mars Di Bartolomeo Ministre de la Santé et de la Sécurité Sociale Imprimer Envoyer

Tags: Luxembourg | Ministre

Magazine Echo 2010-2

Bartolomeo

Entretien avec Mars Di Bartolomeo Ministre de la Santé et de la Sécurité Sociale

Assainir les finances publiques n’est pas une fin en soi mais une nécessité pour maintenir le financement d’un système solidaire

Echo:

Pourriezvous nous dire quelques mots sur la tripartite? (La Tripartite était en cours au moment de l’interview)

Mars Di Bartolomeo:

J’aimerais simplement revenir sur le principe même de la tripartite, qui est en lien direct avec la valeur du modèle social luxembourgeois.

D’aucun ne savent pas d’où nous vient le modèle luxembourgeois. Il est né dans une période difficile, les années 70, lorsque la sidérurgie a connu une profonde crise. C’est là qu’à été inventé le modèle tripartite qui a mis autour d’une table les forces vives de la nation et le gouvernement. Ont été créés par la tripartite le fonds pour l’emploi, l’impôt de solidarité, les prépensions et les travaux extraordinaires d’intérêt public.

Il est aujourd’hui utile de rappeler que le concept de solidarité n’a rien à voir avec la charité mais qu’il s’agit plutôt de cohérence sociale. Je pense sincèrement que dans ces temps difficiles, notre modèle axé sur la solidarité n’est pas un handicap mais un atout.

L’absence de solidarité provoque des cassures dans notre société. Ni le modèle de solidarité, ni le modèle tripartite ne sont démodés et ils jouent pleinement leur rôle dans ces temps difficiles. Veillons à ne pas mettre à mal un modèle qui a fait ses preuves depuis plus de 30 ans.

Echo:

Ne fautil cependant pas aussi se préoccuper aussi de la santé des finances publiques?

Mars Di Bartolomeo:

Il est évident que se préoccuper de la santé des finances publiques est une priorité car seul un Etat en bonne santé peut maintenir ses engagements dans les systèmes sociaux. Assainir les finances publiques n’est pas une fin en soi mais une nécessité pour maintenir le financement d’un système solidaire.

Echo:

Comment illustrer ce principe?

Mars Di Bartolomeo:

Nous venons par exemple de réformer en profondeur l’assurance accident par un projet qui a été voté à la quasiunanimité à la Chambre des Députés. Ce projet était en gestation depuis plus de 20 ans. Nous avons réformé un système qui surindemnisait dans certains cas et sousindemnisait dans d’autres. Cette réforme visait à rééquilibrer l’indemnisation et en même temps à redéfinir partiellement le financement de l’assurance accident par une plus grande solidarité entre les entreprises, une entrée de l’Etat dans le régime commun et la perspective réelle d’un financement totalement solidaire. Dans cette réforme, l’accent est surtout mis sur la prévention des accidents et la possibilité d’introduire un système de bonus et de malus. Cet exemple illustre que dans le domaine de la sécurité, même si les fondements du système ne peuvent être remis en cause, il y a nécessité de faire des réformes.

Echo:

Ceci vaut donc pour l’assu rance maladie...

Mars Di Bartolomeo:

Ceci vaut bien entendu pour l’assurance maladie. Confrontée aux effets de la crise et au ralentissement de l’emploi, l’assurance maladie accuse un déficit non négligeable. A cela s’ajoutent les effets du vieillissement de la population et les prix en constante hausse des nouvelles thérapies. Nous devrons donc à court terme assurer l’équilibre financier du système et nous donner à moyen terme les instruments pour réaliser l’objectif de soigner mieux en dépensant mieux.

Echo:

Pouvons nous dores et déjà aborder certains détail de cette réforme?

Mars Di Bartolomeo:

Cette réforme sera présentée avant les grandes vacances. Pour rétablir l’équilibre financier, nous allons proposer des mesures équilibrées mettant à contribution tous les acteurs du système. L’orientation générale de cette réforme sera de rééquilibrer le système en mettant plus l’accent sur la médecine de première ligne, à savoir la médecine de proximité en général. Il faut concevoir aujourd’hui l’hôpital de demain. L’hôpital de demain ne sera plus basé sur le tout stationnaire mais s’engagera là où c’est possible dans la filière ambulatoire. L’hôpital de demain misera sur la coopération, le partage du travail, la spécialisation plutôt que “chacun la même chose”. Il faudra aussi développer le secteur gériatrique, redéfinir les instruments de pilotage, de contrôle, de conception du système de santé en général.

Echo:

Qu’en estil de l’assurance pension?

Mars Di Bartolomeo:

Le système de pension luxembourgeois a pour l’instant les avantages d’être très généreux et de disposer de réserves de plus de 3,5 fois les besoins annuels. La proportion pensionnés / actifs est bonne avec 2,5 actifs pour un retraité. A l’heure actuelle, la masse des cotisants est de plus suffisante pour faire évoluer la réserve.

Ceci dit, le nombre élevé d’actif qui aujourd’hui garantit le bon équilibre provoquera demain le déséquilibre du système. L’équation est simple. Si on veut garantir à toujours plus de pensionnés le même niveau il faut soit une croissance très forte de l’emploi, soit une hausse massive des cotisations. On a aujourd’hui tout intérêt à faire des réformes raisonnables qui consolideront ce contrat intergénérationnel.

Soulignons d’abord ce qui devra être maintenu:

  • le système de répartition break
  • la tripartite
  • les droits acquis déjà engrangés
  • les pensions modestes

Il faudra, dans notre réforme, prendre en considération la pénibilité de l’emploi, faire le lien entre longévité et carrière professionnelle. Le principe des 40 années de cotisation devra également être consolidé, sans que l’âge légal de la retraite ne soit toutefois remis en cause.

Il ne s’agit pas de faire une réforme qui se base sur des prévisions aléatoires. Cette réforme devra plutôt prendre en compte un ensemble de paramètres ajustables comme l’évolution de l’emploi, de l’économie, de la réserve, de la longévité, de la proportion entre actifs et pensionnés, etc. Seule une réforme qui prenne en compte l’ensemble de ces paramètres sera efficace.

Prémices indispensable à la pérennité de notre système de pension : que nos entreprises gardent les personnes âgées. Je suis parfois surpris que les même qui parlent de reculer l’âge de la retraite se débarrassent dans leurs entreprises des travailleurs les plus âgés. Il faudra qu’il y ait un rééquilibrage entre parole et action.

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