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Entretien avec Nicolas Schmit, Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Immigration Imprimer Envoyer

Tags: Luxembourg | Ministre

Magazine Echo 2009-5

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Entretien avec Nicolas Schmit, Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Immigration.

Echo:

Quelle a été votre réaction lorsque l'on vous a proposé cette nouvelle fonction, et comment l'avez-vous appréhendée?

Nicolas Schmit:

J'ai d'abord été un peu surpris, mais très vite je me suis préparé mentalement à exercer cette responsabilité importante. L'emploi est un défi que je suis prêt à relever avec tous ceux qui partagent des responsabilités dans ce domaine. Mon approche, pour répondre à la seconde partie de la question, est une approche globale, coordonnée, qui implique tous les acteurs sociaux concernés. Tout le monde a une responsabilité pour limiter les dégâts au niveau des pertes d'emploi. Notre rôle est d'agir le plus précocement possible dès qu'un problème d'emploi se pose dans une entreprise.

Echo:

Abordons à présent la situation...

Nicolas Schmit:

La situation n'est pas très bonne. Le chômage, qui continue de grimper, pourrait concerner 6,5 à 7% de la population active en 2010. Ce qui est nouveau est que le chômage n'épargne plus aucune catégorie, frappant aussi les personnes diplômées. Ce phénomène étant conjoncturel, nous espérons une reprise qui permettra aux entreprises d'embaucher à nouveau.

Echo:

Et qu'en est-il du chômage structurel?

Nicolas Schmit:

Il touche principalement les personnes peu ou mal qualifiées. Notre pays évolue vers une économie de la connaissance qui a de moins en moins besoin de personnes sans diplôme et sans qualification. Il est paradoxal que pendant les années fastes, alors que nous connaissions une création nette d'emplois de l'ordre de 4%, le chômage progressait légèrement. La question du chômage structurel doit être abordée maintenant car la crise ajoutera encore de la difficulté à intégrer ces personnes dans le monde du travail. Nous avons réfléchi, ensemble avec le Ministre de la formation professionnelle à de nouvelles initiatives en matière de formation. Il ne faut surtout pas démissionner. On peut rendre des gens peu qualifiés employables avec des formations adaptées. Si nous ne le faisons pas, le nombre de demandeurs d'emploi continuera d'augmenter, même si l'économie repart. Un autre sujet qui me tient à coeur est celui de la précarisation, qui touche une certaine partie de la population active. Les contrats «interim» ou à «durée déterminée» à répétition touchent une fois de plus les personnes les moins qualifiées. A nouveau la solution est de ramener un maximum de personnes vers une qualification supérieure.

Echo:

Il est une autre catégorie touchée par le chômage: les personnes handicapées...

Nicolas Schmit:

Nous avons des règles qui concernent à la fois le secteur public et le secteur privé. Je ne comprends pas la réticence de certains employeurs à embaucher des personnes handicapées, car elles sont au moins aussi efficaces que les «valides».

Echo:

Quels sont les domaines qui pourraient créer de l'emploi dans les mois et les années à venir?

Nicolas Schmit:

J'espère que nous arriverons à une stabilisation de l'économie rapidement. - La crise a touché le secteur industriel et il est important que nous ayons un débat sur l'importance de l'industrie dans notre économie. Nous allons là aussi vers des emplois toujours plus qualifiés et vers une industrie à très haute valeur ajoutée. - L'économie luxembourgeoise est devenue une économie de service et il va falloir élargir et diversifier les activités de service. A mon avis, toutes les activités qui touchent à la logistique devraient repartir dès que la conjecture sera meilleure, et ainsi recréer de l'emploi. - L'innovation, les nouvelles activités, la recherche et le développement sont des secteurs qu'il faudra démarrer et développer en s'appuyant sur des ressources externes. - Les secteurs qui restent créateurs d'emploi sont la santé et l'ensemble des services liés à la personne. - Le bâtiment, même s'il n'emploie que peu de résidents luxembourgeois, reste un secteur porteur, notamment dans tout ce qui touche les technologies de l'environnement et les économies d'énergie. Il faudrait toute une réflexion générale sur l'économie post changement climatique. Autrement dit, il faut avoir une approche offensive, développer l'emploi dans les secteurs porteurs et apporter des réponses rapides et adaptées en termes de formation.

Echo:

Ne doit-on pas penser l'emploi au Luxembourg dans une optique Grande Région?

Nicolas Schmit:

Cela n'empêche qu'il ne faut pas pour autant oublier les personnes au chômage au Luxembourg.

Echo:

Pour résumer, la formation reste le meilleur outil contre le chômage?

Nicolas Schmit:

Tout à fait, c'est pour cela que j'attends une évolution positive de la réforme scolaire. Cette réforme devrait permettre de rattraper un certain nombre de jeunes et de leur donner une formation. A moyen terme, j'espère que cette réforme permettra de donner une formation à des jeunes qui au jour d'aujourd'hui seraient sortis du système scolaire sans rien. Le Luxembourg est un pays d'accueil et notre école doit aussi intégrer des jeunes qui arrivent tard dans notre pays et qui n'arrivent plus à obtenir une formation adéquate. Souvent ces jeunes viennent de milieux défavorisés. Il faut veiller à ne pas créer une société parallèle relativement pauvre qui finisse par vivre de l'assistanat. Le travail est un moyen essentiel de participation à la société. L'exclusion du travail est ainsi souvent accompagnée d'une forme d'exclusion sociale assez large. Il y a ainsi une action à exercer à plusieurs niveaux: l'école, le monde de l'entreprise, l'école de la deuxième chance, etc.

Echo:

Quelques mots pour conclure?

Nicolas Schmit:

Nous entamons un certain nombre de mesures pour lutter contre le chômage des jeunes et faciliter leur entrée dans la vie active. En effet, la crise a fait que bon nombre de jeunes qui ont obtenu leur diplôme pendant la crise n'ont pas pu trouver de travail. S'ils ne trouvent rien d'ici juin, il y a des chances, même si la situation s'améliore, qu'on leur préfère un jeune diplômé qui sorte de l'école. Il faut tout faire pour ne pas laisser toute une génération sur le carreau et ainsi avoir une génération perdue.

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