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Entretien avec Jeannot Krecké, Ministre de l'Economie et du Commerce Extérieur. Imprimer Envoyer

Tags: Luxembourg | Ministre

Magazine Echo 2009-5

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Echo:

Quel est l'impact de la crise sur l'économie luxembourgeoise?

J. Krecké:

Les répercussions de la crise sur notre place financière, qui a tiré l'économie luxembourgeoise pendant des décennies, sont préoccupantes. Elle demeure certes fondamentalement saine et compétitive mais le choc de septembre et octobre 2008 a laissé des traces. De nombreuses grandes banques procèdent à des restructurations: les fusions des banques des Länder en Allemagne et les intégrations de quelques grands groupes bancaires internationaux ont un impact sur leurs filiales implantées au Luxembourg. La production industrielle a reculé de 15% sur un an. Les prix sont à la baisse depuis fin 2008. Les fournisseurs de l'industrie automobile ont été parmi les premiers à être sévèrement touchés. D'autres activités industrielles ont été impactées: le secteur sidérurgique, la fabrication de machines ou pièces détachés, les ateliers mécaniques de précision, pour ne citer que ceux-là. Or, notre marge de manoeuvre pour remédier à cette situation est relativemet faible parce que le secteur industriel dépend fortement de l'évolution de l'économie mondiale. De nombreuses sociétés restent face à un carnet de commande amputé grandement par rapport à la situation d'avant-crise. Nous assistons donc à un affaissement conjugué des volumes et des prix, ce qui n'augure rien de bon. Je crains en particulier l'impact sur le marché du travail qui se fera encore sentir pendant de nombreux mois. En l'espace de 6 mois seulement, les demandes de chômage partiel sont passées de 3 en septembre 2008 à 135 en février 2009. Aujourd'hui, une année plus tard, le nombre d'entreprises ayant recours au chômage partiel ne fléchit toujours pas. Le gouvernement a réagi en adaptant le régime du chômage partiel; ce qui a permis d'éviter davantage de plans sociaux.

Echo:

Voyez-vous poindre la fin de la crise?

J. Krecké:

Même si les principales bourses internationales affichent désormais des gains et que les résultats de certains grands instituts de crédit, surtout les banques d'investissement, présentent un résultat positif, je crains que nous devrons encore faire face à l'un ou l'autre revers. Des cours boursiers haussiers sont tout au plus un indicateur de l'optimisme du marché, mais ne signifient pas encore son rétablissement. Etant donné que l'économie luxembourgeoise est une économie très ouverte, nous devons garder à l'oeil l'évolution des principaux indicateurs économiques de nos voisins européens. Leur mouvement vers le bas s'est arrêté et je ne pense pas que nous allons vivre une rechute. Il faut aussi être conscient du fait qu'une reprise n'aura pas directement des conséquences positives sur le marché du travail qui réagit toujours en décalage. Je pense qu'une amélioration au niveau de l'emploi ne sera visible que d'ici un an et demi.

Echo:

Quels sont les nouveaux créneaux à occuper pour les acteurs de l'économie luxembourgeoise?

J. Krecké:

Le centre de compétences en technologie de la santé, annoncé en 2008, se développe à un rythme soutenu. Nous constatons que les demandes de coopération de la part d'instituts de recherche européens se multiplient. Plusieurs firmes commerciales envisagent l'établissement d'activités propres au Luxembourg ou des partenariats avec nos instituts de recherche. Or, il nous faut encore adapter certaines législations et mettre en place les infrastructures nécessaires afin de faire pencher la décision de ces firmes en faveur du site luxembourgeois. Quant au secteur des écotechnologies, plusieurs initiatives, telles que le cluster «EcoDev», et le projet de loi concernant un nouveau régime d'aide relative à la protection de l'environnement et l'utilisation rationnelle de l'énergie poursuivent leur chemin. Nous constatons un intérêt grandissant du côté des sociétés étrangères pour l'établissement de leur siège d'entreprise au Luxembourg ce qui permettra à de nombreux services de support de trouver ainsi de nouveaux débouchés. Dans le domaine de la logistique, un secteur pour le moment en souffrance, nous persévérons dans nos efforts pour reconvertir le site de la WSA. Une attention particulière revient également aux technologies de l'information et de la communication, et surtout «le green IT». Nous devons nous donner les moyens pour faciliter le développement de ce secteur en permettant aux entreprises d'utiliser davantage les instruments existants et en ouvrant l'accès aux instruments de soutien à celles touchées par la crise.

Echo:

En ce qui concerne le développement des technologies de la communication, peut-on dire qu'une entreprise luxembourgeoise comme les P&T a un rôle de fer de lance, notamment à travers ses nouveaux produits comme la télé des P&T?

J. Krecké:

L'entreprise des P&T a sûrement son rôle à jouer. C'est une entreprise moderne qui s'adapte en permanence aux besoins du citoyen. IPTV connait déjà un grand succès et les P&T vont développer ce produit en introduisant davantage de services interactifs. A côté des services à la clientèle privée, l'entreprise des P&T contribue une part importante au développement du secteur des TIC au Luxembourg par le biais des investissements importants qu'elle réalise dans les infrastructures nécessaires. Plus les infrastructures disponibles dans notre pays sont à la pointe du progrès, plus les entreprises étrangères s'intéressent au site économique luxembourgeois. Ainsi, les P&T oeuvrent par exemple à l'extension du réseau à fibre optique auquel les zones d'activités seront raccordées et un itinéraire dédoublé sera installé pour sécuriser l'accès aux télécommunications des entreprises. La poste exploite également plusieurs datacenters, dont celui de Kayl qui sera opérationnel au cours du 1er trimestre 2010 et offrira alors 5.000 m2 de salles de stockage de données informatiques aux entreprises.

Echo:

Quels sont, d'après vous, les secteurs qui devraient tirer la croissance du Luxembourg à moyen terme?

J. Krecké:

Nos efforts de diversification économique dans les domaines de la logistique, des technologies de la santé ou encore des éco-technologies vont certes dans la bonne direction mais ne généreront pas à court terme les ressources nécessaires pour pallier les moins-values prévisibles de la place financière. Je doute que nous pourrons identifier dans les années à venir à nouveau un secteur économique qui tire l'ensemble de notre économie. Je plaide plutôt pour un mix équilibré entre industrie et services, sans oublier les nouveaux créneaux que nous développons actuellement, dont également les TIC. Or, le fait que toutes les économies développées s'orientent à des degrés divers dans la même direction, nous confirme certes de la justesse de nos choix, mais elle entraîne une dispersion des allocations de ressources. Il faudra donc s'armer de patience avant que ces initiatives ne portent leurs fruits.

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