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Entretien avec John Schummer Imprimer Envoyer

Tags: Bridel

Magazine Echo 2009-2

19-john-schummer

Echo:

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs?

John Schummer:

Je suis marié, père de trois enfants, conseiller communal à Bridel. J’ai été membre du parlement de 1992 à 2004 et suis président honoraire du Parlement Benelux. Au niveau professionnel, je travaille pour la BGL depuis 1976. Après avoir occupé différentes responsabilités, j’appartiens aujourd’hui à un service dédié au secteur public, englobant ainsi les administrations gouvernementales, les collectivités locales, les établissements publics, les cliniques, la sécurité sociale, etc.

Echo:

La loi de 1999 sur la comptabilité de l’Etat a-t-elle apporté la concurrence dans le secteur bancaire?

John Schummer:

Oui et non. En théorie, depuis 1999, l’Etat pourrait ouvrir des comptes dans n’importe quelle banque. Dans la pratique, l’Etat n’entretient de relation qu’avec la Poste et la Caisse d’Epargne. A mon avis, l’Etat devrait ouvrir des comptes dans toutes les banques à réseaux d’agences à Luxembourg, car ces banques participent activement à l’économie de notre pays. Dans le même ordre idée, il est anormal qu’une entreprise privée doive payer sa TVA et ses impôts sur un compte de la Banque Postale ou de la Caisse d’Epargne de l’Etat. Grosso modo, tout le monde est obligé d’être client de façon directe ou indirecte de ces deux banques. Pire encore, dans une loi budgétaire, on a classifié différents établissements en tant qu’établissement à gestion séparée, dont les lycées. Du coup on a demandé aux directeurs des lycées de clôturer les comptes dans les banques privées et d’en ouvrir d’autres aux PTT et à la BCEE, pour effectuer leurs virements. Au niveau des particuliers, il est assez paradoxal que celui qui achète une maison en souscrivant un emprunt auprès de la Caisse d’Epargne de l’Etat n’ait pas besoin de notaire pour l’hypothèque. Comme on le voit, malgré la loi de 1999, la concurrence ne joue pas encore vraiment. Les communes, fort heureusement, sont libres d’avoir leurs comptes où bon leur semble.

Echo:

Que pensez-vous en tant que professionnel de la finance et en tant qu’homme politique de la gestion financière dans les communes?

John Schummer:

Le système des finances communales est dépassé, on navigue trop souvent à vue. Il faut introduire la comptabilité analytique dans les communes. Heureusement des sociétés comme ATOZ ou Ernst & Young commencent à proposer des outils de gestion mieux adaptés. Ainsi, ATOZ a développé un outil formidable pour élaborer des plans pluriannuels. Ce logiciel présenté à la commission des finances du syvicol permet toutes sortes de simulations. Si vous entrez p.ex. un lotissement de 220 maisons, le logiciel vous calculera instantanément le nombre de salles de classes supplémentaires dont vous aurez besoin, combien de personnel en plus, etc. Toutes les répercussions sont prises en compte. Gouverner c’est prévoir. Je suis également favorable à l’introduction d’une cour des comptes 104 p.104-105_John Schummer_Echo n°2-09.qxd 19/05/09 8:53 Page-~2 e-2 communale qui n’exerce pas seulement un contrôle mais aide également au développement.

Echo:

Que pensez-vous de l’idée de fusion des petites communes?

John Schummer:

On parle de fusion pour les petites communes. Je pense qu’en prenant 3 à 5 communes de plus de 3.000 habitants, on pourrait créer ce que j’appelle un centre de compétence pour les munes ne peuvent-ils pas avoir recours au leasing pour leurs véhicules, leurs machines voir leurs immeubles? Pourquoi dans une école ou un lycée doit-on tout acheter? A Esch-sur-Alzette il y a le CNFPC, un centre de formation continue. Le projet a couté cher et au bout de 10 ans les machines pour les cours sont devenues obsolètes et on n’a pas les moyens de les Le système des finances communales est dépassé, on navigue trop souvent à vue. Il faut introduire la comptabilité analytique dans les communes J J domaines techniques, administratifs et juridiques pour cet ensemble de communes. Ceci permettrait de mieux servir la population avec plus de compétences et à moindre coût et de garder les spécificités de chaque commune. Je suis toujours d’avis qu’avec le nombre de voix qu’un homme politique reçoit lors d’une élection, il ne reçoit pas l’intelligence pour réaliser ses futures taches. Ce n’est pas parce que l’on me nomme bourgmestre que je suis capable de gérer p.ex. un hôpital ! Le problème des politiques est souvent de vouloir garder la main mise sur l’embauche, du coup en ne prend pas les meilleurs mais ceux qui sont susceptibles de nous apporter des voix.

Echo:

L’Etat et les communes disposent-ils de tous les outils nécessaires à une gestion optimale?

John Schummer:

Il est dommage que l’Etat ne puisse pas recourir à tous les outils pratiques mis à la disposition des entreprises privées. Pourquoi l’Etat et les com- renouveler. Dans ce cas précis, un leasing eut été bien plus judicieux. Pourquoi une ville ne peut-elle pas prendre des participations dans une société privée? Parfois, le statut de société privée serait plus adapté que celui de syndicat communal.

Echo:

Quels seront, d’après vous, les effets de la crise sur les finances publiques?

John Schummer:

Je pense qu’il y aura de graves déficits jusqu’à présent inchiffrables car les effets de la crise ne sont pas connus. A mon avis cette crise financière et économique aura des effets néfastes sur nos finances publiques. Le Luxembourg exporte 98% de ce qu’il produit. De façon toute à fait simpliste on peut dire: Si une marque de voiture ne produit plus, elle ne passe plus de commande de tôle à Arce-lor Mittal ni de vitres à Luxguard ni de capteurs électroniques de Elth et de IEE, du coup on n’a plus besoin de camions pour transporter ces tôles et vitres ces capteurs, du coup on n’a plus besoin de produire de pneus... etc, etc. L’effet de cascade n’est qu’à ses débuts. Ensuite, les gens qui travaillent dans ces différentes entreprises perdent du pouvoir d’achat, consomment moins. Lorsque l’économie ne gagne rien, on ne paie plus d’impôts et les finances publiques se retrouvent dans le rouge. Il y a un effet boule de neige très dangereux.

Echo:

Quelques mots pour conclure?

John Schummer:

Je pense que notre problème majeur sera dans un avenir très rapproché le chômage. Jusqu’à présent nous arrivons par des systèmes tel chômage partiel, programmes de formation... à garder une faible stabilité des emplois. Une fois ces mesures épuisées par la non reprises des activités économiques et la venue de centaines de jeunes sur le marché du travail mi-juillet, nous nous trouverons en face d’un amalgame très explosif pour notre marché du travail qui nécessitera la prise de mesures plus douloureuses. La date des élections législatives du 7 juin tombe mal. Annoncer des mauvaises nouvelles pour récolter des voix, ne mènera certainement pas vers le succès. Mais «Une maladie dure ne se guérit jamais avec des médicaments doux». En cette période extrêmement difficile des mots tel solidarité, honnêteté, ingéniosité, flexibilité, innovation entre autres retrouvent toute leur valeur. En suivant le principe des mousquetaires «Un pour tous, tous pour un», je pense que nous arriverons à mener la barque dans des eaux plus tranquilles, mais non sans avaries.

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