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CFL - Entretien avec Alex Kremer directeur général Imprimer Envoyer

Tags: Luxembourg

Magazine Echo 2009-2

17-cfl-alex-kremer

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Entretien avec Alex Kremer directeur général JOER EISEBUNN ZU LËTZEBUERG À l'occasion du 150e anniversaire du chemin de fer

Echo:

Quel est votre sentiment à l'occasion de ce 150e anniversaire?

Alex Kremer:

Je tiens d'abord à préciser qu'il s'agit du 150e anniversaire du rail et non des CFL. Le but du rail est depuis le départ de permettre la mobilité des biens et des personnes. Le rail a joué un rôle déterminant dans l'essor de l'industrie lourde. C'est d'ailleurs, dans les premiers temps, le mariage réussi entre l'industrie lourde et le chemin de fer qui a permis le développement économique de notre pays. C'est ce développement économique qui nous a permis d'avoir le niveau de vie que nous avons aujourd'hui, niveau de vie qui a d'ailleurs aussi permis le développement de l'automobile. Pensez qu'il n'y a pas si longtemps il n'y avait qu'une voiture par village alors qu'il y en a 3 par famille aujourd'hui. Pour la petite anecdote, j'étais en Slovaquie il y a 4 ans et il était très intéressant de constater qu'ils suivent un pro- cessus similaire à celui que nous avons connu. Pour l'instant, les gens gagnent du pouvoir d'achat et de la liberté, ce qui fait qu'ils achètent massivement des voitures. Les routes s'engorgent et il faut en construire de nouvelles, mais par expérience, nous savons qu'il n'y aura jamais assez de routes. Pour l'instant, en Slovaquie, les trains sont vides. Cependant nous savons qu'ils devraient d'ores et déjà prévoir de la place pour des trains supplémentaires. Ils sont dans la même situation que nous dans les années 50.

Echo:

Le chemin de fer luxembourgeois sort d'une période assez difficile…

Alex Kremer:

Nous avons eu une période difficile entre les années 1975 et 2000. A ce moment, l'essentiel des investissements concernait les infrastructures routières. C'est au point qu'on a même parlé à un moment de supprimer le trafic«voya- geur». La pression des syndicats a fait que cela ne s'est pas fait, fort heureusement d'ailleurs! Aujourd'hui, avec tous les travailleurs frontaliers, la demande en transport publics explose. On a ainsi dû investir dans du nouveau matériel confortable. Nous avons fortement amélioré l'infrastructure existante. Aujourd'hui les trains peuvent par exemple rouler dans les deux sens sur chacune des deux voies.

Echo:

Sans compter les nombreux projets de construction…

Alex Kremer:

Il y a effectivement le démarrage de la construction de la nouvelle ligne vers Findel et Kirchberg, l'extension de la gare de Luxembourg en cours, la construction de la gare de Belval, etc. On a aussi augmenté la capacité des trains en utilisant des wagons. On ne cesse de créer des capacités nouvelles pour pouvoir accueillir plus de voyageurs. Nous avons connu une augmentation de 25% du nombre de voyageurs, 66% pour le trafic transfrontalier, les dernières années. Le souci avec une infrastructure lourde comme le rail, est qu'il faut prévoir les besoins longtemps à l'avance. Si on attend que le besoin devienne pressant pour avoir une décision politique, la réponse apportée au problème intervient trop tard car il faut du temps pour avoir les différentes autorisations et pour construire.

Echo:

Et qu'en est-il de la libéralisation du marché?

Alex Kremer:

Le fret est déjà libéralisé et le voyageur sera libéralisé l'an prochain. La libéralisation représente des contraintes pour une entreprise comme la notre, car elle implique un grand nombre de changements. Pour le fret, nous avons créé CFL Cargo et CFL Mul-timodal. Nous sommes passé les dernières années de 30 à 120 personnes dans le multimodal. La décision de sortir le fret de la maison mère a été prise en octobre 2006. Depuis, CFL s'occupe exclusivement de la gestion de l'infrastructure et des voyageurs. Notre objectif, avec la libéralisation, est de cumuler les avantages du privé et du public.

Echo:

Comment fait-on pour prévoir à l'avance ce que sera la demande dans les années à venir?

Alex Kremer:

Il y a plusieurs méthodes. A Trèves par exemple, on fait en ce moment des études pour déterminer quelles pour- raient être les nouvelles lignes directement rentables. Au Luxembourg, nous avons une autre méthode. Il s'agit plutôt de mettre en place des trains supplémentaires afin de créer une nouvelle demande. C'est à mon avis la meilleure méthode pour atteindre un modal split de 25/75. Nous avons par ailleurs une forte demande concernant de nouvelles lignes reliant le Kirchberg, Bel-val, etc. Notre avenir est aussi lié au TGV, qui a mis Luxembourg à 2 heures de Paris.

Echo:

Du coup l'avenir est plutôt prometteur?

Alex Kremer:

Le rail a la chance de répondre à la double question de la mobilité et de l'écologie, ce qui, au moins d'un point de vue théorique, permet d'envisager l'avenir avec sérénité. D'un point de vue plus concret, en plus des chantiers précédemment abordés, nous essayons de plus en plus d'aller au-delà de nos frontières. Notre politique au niveau de la Grande Région n'est pas de nous poser en concurrent, mais en collaborateur des autres opérateurs. Pour cela, il nous faut trouver des solutions spécifiques pour chaque passage de frontière, ce qui n'est pas facile du point de vue technique. Entre le Luxembourg, la France, la Belgique et l'Allemagne, il y a 3 courants différents, 4 systèmes de signalisation différents, ainsi que différents gabarits et différents systèmes de sécurité. Il a donc fallu acheter du matériel spécifique adapté aux trois systèmes. C'est très compliqué car il n'existe pas une seule machine qui puisse aller sur les 4 systèmes en même temps. Le maximum possible est une machine qui puisse aller aussi bien en Belgique qu'en France et au Luxembourg. Au Luxembourg, nous sommes ainsi équipés de rames réversibles compatibles avec les différents systèmes.

Echo:

A quand une harmonie européenne à ce niveau?

Alex Kremer:

L'harmonisation se fera très lentement. Si les nouvelles machines sont eurocompati-bles, il faut savoir qu'une locomotive dure une vingtaine d'année en moyennes. Il faudra donc un certain temps avant que l'ensemble du parc roulant ne soit eurocom-patible.

Echo:

Pourriez-vous, pour conclure, nous évoquer votre carrière?

Alex Kremer:

J'ai fais mes études au lycée classique de Diekirch, puis j'ai intégré l'université d'Aix-la-Chapelle, d'où je suis sorti ingénieur en génie civil. A la fin de mes études, en 1973, j'ai bien réfléchi avant d'entrer aux chemins de fer qui cherchaient justement un ingénieur en génie civil. Je suis resté dans le domaine de l'infrastructure jusqu'en 1990. Mon premier grand projet fut le triage unique de Bet-tembourg, puis le renouvellement des lignes. Ensuite, de 1990 à 1997, on m'a demandé de gérer les ressources humaines. Ce fut une expérience très enrichissante sur le plan humain. Je suis ensuite passé au comité de direction, puis on m'a nommé directeur en 2001. J'ai la chance d'avoir eu une carrière passionnante. J'ai connu les années difficiles et de voir que depuis 2000 on travaille à de nouveaux projets et que notre activité ne ce sse de s'accroitre est vraiment très motivant

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