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L'Hôpital Kirchberg: le centre médical le plus moderne au Grand-Duché de Luxembourg Imprimer Envoyer

Tags: Kirchberg

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L'Hôpital Kirchberg: le centre médical le plus moderne au Grand-Duché de Luxembourg la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère.

Le 4 juillet 2003, l'Hôpital Kirchberg a ouvert ses portes.

L'inauguration de ce nouveau Centre Hospitalier constituait aux dires de Jean-Claude Juncker, Ministre d'Etat et Président du Gouvernement, “la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère”.

En effet, il s'agissait en l'occurrence de la première ouverture d'un hôpital entièrement nouveau dans notre pays depuis près de trois décennies. Au début de cet important projet rénovateur, le Gouvernement avait soutenu une coopération entre la Congrégation des Sœurs de Sainte-Elisabeth et celle des Sœurs Franciscaines, toutes deux réunies par la suite au sein de la Fondation François-Elisabeth.

Mieux que quiconque, le Dr Raymond Lies, premier président de la Fondation François-Elisabeth de 1992 à 2002 et depuis lors directeur général et médical de l'Hôpital Kirchberg et de la Clinique Sainte-Marie à Esch/Alzette, nous a accordé une interview sur les origines, la conception et l'évolution de l'Hôpital Kirchberg.

Le Dr Lies a initié et suivi les projets et les plans de l'Hôpital Kirchberg depuis les premiers pas jusqu'à son inauguration en passant par les nombreuses phases de la réalisation à tous les niveaux. Ceci l'a motivé à rédiger en collaboration avec un groupe d'experts deux ouvrages sur l'Hôpital Kirchberg, le troisième et le quatrième devant paraître sous peu.

L'histoire de la Fondation François-Elisabeth

Les congrégations de vie active se sont développées au Grand-Duché de Luxembourg au 19e siècle dans le contexte d'un état politique naissant. Vers le milieu du siècle, les indigents - infirmes, malades graves, orphelins, femmes célibataires - ont souvent été abandonnés à leur triste sort. A l'origine du redressement de cette pénible situation se trouvait la Constitution de 1841. Sous Guillaume II d'Orange, un appel pressant fut lancé aux congrégations de vie active ainsi qu'aux organisations et institutions privées qui, par la suite, allaient trouver leur champ d'activités dans le domaine de la santé.

La Congrégation des Sœurs de Sainte-Elisabeth avait été fondée en 1626 à l'hospice d'Aix-la-Chapelle par une bourgeoise du nom d'Apollonia Radermacher. En 1671, Marie de Zorn, une bourgeoise aisée de la Ville de Luxembourg, fit venir trois sœurs d'Aix-la-Chapelle à Luxembourg en vue de soigner les malades et les pauvres. Un an plus tard, elles rejoignirent l'hospice Saint-Jean à Luxem-bourg-Grund. En 1843, elles quittèrent le Grund pour venir s'installer au Pfaffenthal. La Congrégation des Sœurs Franciscaines de la Miséricorde fut fondée par Elisabeth Dufaing. Après avoir travaillé au Pfaffenthal à partir de 1845, elle quitta cette institution dès 1847 pour s'installer au Grund où elle soignait les malades à domicile. Par la suite, plusieurs tentatives de fusion des deux congrégations échouèrent, de sorte que chacune travaillait de son côté avec un but spécifique.

La seconde moitié du 20e siècle

Au cours de la seconde moitié du 20e siècle, alors que plusieurs hôpitaux avaient été fermés, notamment en raison du coût très important et du une entrée tout à fait différente des autres hôpitaux manque de sœurs religieuses attachées aux soins des malades, une coopération et une collaboration plus intenses entre les différentes cliniques s'imposaient.

La suite logique de cette collaboration ayant pour but de rentabiliser et de moderniser les établissements hospitaliers congréganistes allait tout naturellement déboucher sur la décision des Elisabéthaines et des Franciscaines de créer en 1992 une fondation au nom de Fondation François-Elisabeth. La restructuration et la modernisation des cliniques Sainte-Elisabeth, rue Joseph II, et Sacré-Coeur, avenue Gaston-Diderich, toutes deux à Luxembourg, ainsi que l'instauration d'une synergie entre les cliniques constituaient les objectifs de départ. Mais les cliniques Saint-François et Saint-Joseph au Marché-aux-Poissons à Luxembourg étaient vouées à la fermeture. De cette importante restructuration jaillit l'idée de formuler un nouveau projet hospitalier, à savoir la construction de l'Hôpital Kirchberg. Mais de la conception à la réalisation allait se trouver un chemin parsemé de revers et de déceptions qui, toutefois, n'allaient pas décourager les décideurs.

Mathias Schiltz: du rêve à la réalité

Mieux que quiconque, le Vicaire général Mathias Schiltz a pu, dans son discours à l'occasion du premier coup de bêche en date du 27 octobre 1999, retracer le long chemin vers l'acheminement d'une idée simple et apparemment facile à réaliser, mais qui devait passer par la suite par des chemins parsemés de pavés et d'embûches.

Citant Don Helder Camara, l'important évêque social brésilien, Mathias Schiltz appliqua sa citation à l'évolution du projet de l'Hôpital Kirchberg: «Si quelqu'un rêve seul, ce n'est qu'un rêve. Si plusieurs rêvent ensemble, c'est le début d'une nouvelle réalité.» Mathias Schiltz a suivi le projet de A à Z, parfois comme acteur, parfois comme observateur, se voyant lui-même en toute modestie comme «témoin de la première rangée». En fait, il était l'un des principaux instigateurs auprès de ceux qui, au début, devaient marquer leur accord pour ce projet qui, de loin, dépassait l'envergure des autres hôpitaux et cliniques du pays.

Le rêve débuta au début des années quatre-vingt. Emile Krieps, ministre de la Santé à l'époque, pria le Vicaire général Mathias Schiltz de prendre contact avec les responsables des congrégations en vue de la construction d'un nouvel hôpital commun; à proximité du Centre Hospitalier à Luxembourg, la coexistence des secteurs public et privé serait un avantage certain. Le terme de synergies fut même évoqué; mais le temps n'y était pas encore. En 1987, Mathias Schiltz renoua une nouvelle fois ses contacts avec les supérieures des congrégations visées. Pas à pas, les Franciscaines et les Elisabéthaines en vinrent à la conviction qu'un hôpital commun serait une bonne chose. Bien que la troisième congrégation, la Congrégation des Carmélites tertiaires, renonçât à une collaboration tripar-tite pour des raisons d'investissements importants, la porte ne fut jamais claquée quant à l'insertion future de la troisième congrégation.

Comme suite logique, les congrégations des Franciscaines et des Elisa-béthaines jetèrent les bases juridiques de la nouvelle clinique par le biais de la création de la «Fondation François-Elisabeth» en 1992.

A l'origine de la réalisation des plans se trouvait bien évidemment l'achat du terrain approprié. L'acte afférent fut signé par Paul-Henri Meyers et par le Dr Raymond Lies en présence des représentants des deux Congrégations. En 1991, les premiers coups de bêche furent donnés par Monseigneur l'Archevêque Fernand Franck, le Dr Raymond Lies, président de la Fondation François-Elisabeth et Carlo Wagner, Ministre de la Santé à l'époque, l'architecte Paul Wannemacher, Paul-Henri Meyers, vice-président de la Fondation François-Elisabeth et le Vicaire général Mathias Schiltz. Seules les Elisabéthaines et les Franciscaines restaient donc en lice pour le projet d'une clinique congré-ganiste commune en raison du désistement de la Congrégation des Carmélites tertiaires. Aussi créèrent-elles en mai 1992 la Fondation François-Elisabeth dont le conseil d'administration était composé de représentants des deux congrégations et de l'archevêché, tout comme celui de la Fondation Sainte-Sophie. Ainsi, le nouvel hôpital était doté d'une personne morale.

Le 2 septembre 1995, le projet de construction retenu par le jury fut présenté au grand public dans le cadre d'une conférence de presse. La première pierre fut posée le 16 mai 2000, et le 20 juin 2001, la fête du bouquet fut célébrée. L'ensemble du projet se fonde sur un nouveau concept hospitalier placé au coeur de la démarche. Toutes les propositions du cahier des charges du cabinet d'architectes Suter & Suter devaient veiller à sa juste transposition dans le nouveau millénaire. Ce préalable fut posé comme une évidence dès les premières discussions avec les architectes.

Idées fondamentales et directrices du concept

Le programme médical servait de base au projet architectural. Il se reflète dans le programme technique détaillé. La planification architecturale, quant à elle, devait impérativement tenir compte des exigences et des critères de qualité qui sont à la base de l'activité soignante et médicale.

L'un des principaux objectifs du nouvel hôpital réside dans l'efficacité des soins prodigués aux malades. Le programme médical de l'hôpital devait, par conséquent, être déterminé avant que ne soient entamées les discussions ayant trait à l'architecture. Forte de ces convictions, la Fondation a, dès l'automne 1992, conclu avec la firme Suter & Suter de Bâle un contrat de planification d'un nouvel ensemble hospitalier sur le site du Kirchberg. Ce contrat se limite à la constitution d'un programme technique détaillé sur base duquel allait se construire le futur projet architectural.

En tant que chirurgien et président de la Fondation, le Dr Raymond Lies s'entretenait alors chaque semaine avec le groupe d'architectes réunis à Bâle autour de Klaus Rückert, architecte hospitalier de renom, et son équipe afin de déterminer et d'évaluer les surfaces des différentes entités fonctionnelles du futur hôpital.

Cet exercice reposait sur les critères suivants:

  • détermination des activités futures et anciennes servant de base au futur plan hospitalier des cliniques Sainte-Elisabeth, Sacré-Coeur et Saint-François;
  • évaluation de l'activité (journées d'hospitalisation, fréquence et types d'opérations, passages dans les différents services);
  • fonctionnalités complémentaires et filières internes telles que services d'urgences, radiologie, laboratoire, policlinique;
  • évaluation des surfaces nécessaires pour chaque activité (exemple: le nombre de salles d'opération).

Le programme médical délimitant l'activité future réelle de l'Hôpital Kirchberg aurait pu ainsi être fixé dès 1994. Tout au long de la construction et à intervalles réguliers, certains acteurs ont, toutefois, voulu y apporter des modifications. C'est ainsi que la discussion sur l'inclusion de la chirurgie cardiaque dans le programme a longtemps retardé celui-ci.

Toutefois, la décision de faire construire cet hôpital selon le système de murs et de cloisons internes amovibles confère une certaine flexibilité à l'ensemble et facilite les futurs changements d'affectation. Ce dispositif, décidé par les planificateurs, a permis de rassurer le gestionnaire. Pour remplir les conditions d'un hôpital général central comprenant par exemple maternité et psychiatrie, il était indispensable de prendre en considération le passé des anciennes cliniques des congrégations et de leur adjoindre les compléments de services nécessaires. Le Ministre de la Santé, en accord avec le gouvernement, avait décidé à l'époque d'autoriser la mise en service de quatre hôpitaux généraux centraux et projetait d'y inclure les services de psychiatrie, de gynéco-obstétrique et de pédiatrie. La décentralisation de la psychiatrie, décidée à l'époque après analyse du plan Haeffner, impliquait la pratique de la psychiatrie aiguë dans les hôpitaux assurant la garde SAMU. La Fondation François-Elisabeth accepta d'être incluse dans ce programme. Dans la foulée des décisions prises en matière de chirurgie cardiaque, l'Hôpital Kirch-berg se voit aussi doté du service national de la psychiatrie juvénile.

Depuis 1993 et bien avant de lancer le concours d'architecture pour l'hôpital, le Dr Raymond Lies avait également, en tant que président de la Fondation, entrepris des pourparlers et des négociations avec la Clinique Dr E. Bohler. Pour assurer la pérennité dans le système hospitalier luxembourgeois, celle-ci, dirigée par la famille Bohler, conclut une convention de synergie avec le futur Hôpital Kirchberg. D'autres négociations avaient été menées de 1991 à 1994 avec la Clinique Sainte-Thérèse: elles ont abouti à une déclaration d'intention de collaboration, résiliée unilatéralement en 1994 par la Clinique Sainte-Thérèse.

A partir de 1994, la Fondation soumit son projet à un concours d'architecture, conformément aux exigences législatives européennes. Ce concours, régi par des procédures codifiées anonymes, devait déterminer le projet architectural à retenir et à mettre en chantier début septembre 1995. En 1995, il fut décidé d'inclure les consultations médicales dans le projet hospitalier du Kirchberg. Aussi la Fondation François-Elisabeth prit-elle en charge la construction afférente pour ensuite les proposer en location aux médecins agréés.

L'autarcie est le fondement du réseau hospitalier synergique de la Fondation. Après la refonte de toutes les activités des cliniques Sacré-Coeur, Sainte-Elisabeth et Saint-François dans la Fondation et suite aux accords de synergie avec la Clinique Dr E. Bohler et le Centre Hospitalier de Luxembourg, le programme de l'Hôpital Kirchberg parvint à répondre aux exigences d'un hôpital général Centre Hospitalier. Cette situation induit une certaine indépendance du noyau central du réseau hospitalier de la Fondation, sans pour autant l'enfermer dans un système totalement autarcique. Les vraies synergies sont, au contraire, issues de partenariats forts au sein desquels les entités se respectent mutuellement.

Dans un concept hospitalier moderne, la mise en commun de ressources doit être centrée sur la prise en charge globale du patient. Ceci implique une cohérence des activités médicales et soignantes évitant certes le double emploi, mais aussi un „saucisson-nage“ artificiel des services qui impose aux patients des déplacements inutiles, fastidieux et coûtant cher à la communauté. S'il est vrai qu'un hôpital ne doit et ne peut pas tout faire, il faut que les missions qu'il s'assigne soient réalisées dans de bonnes conditions tout en respectant la logique du patient. L'approche humaine de la maladie et du patient doit guider toute logistique technique et administrative, voire financière. Selon le Dr Raymond Lies, le constat que tout hôpital est une entreprise a été trop souvent manipulé au cours des vingt dernières années, dans un sens ou dans l'autre. En optant pour un hôpital humain au service du malade, la Fondation François-Elisabeth a d'emblée montré aux planificateurs et aux gestionnaires de l'hôpital le chemin à suivre. Dès le début des planifications, la plupart des options ont été prises en fonction de la réponse donnée aux questions:“ Est-ce que cela ajoute à la qualité des soins pour le malade?“ ou „Si j'étais le malade, cela me conviendrait-il?“

En effet, ces deux questions reviennent quotidiennement dans un hôpital. Pour illustrer cette démarche dans la perspective d'une approche humaine du patient, le Dr Raymond Lies cite quelques décisions fondamentales qui ont déterminé les choix architecturaux:

  • séparer les surfaces hospitalières des surfaces publiques et des consultations privées;
  • favoriser les zones où l'intimité et la discrétion sont fondamentales pour le patient;
  • créer des circuits de circulations séparés pour les visiteurs et les malades;
  • orienter les chambres des malades vers les aires de verdure;
  • séparer les aires administratives des surfaces soignantes tout en conservant les fonctionnalités;
  • favoriser les flux d'informations tout en garantissant la confidentialité des données.

La réalisation du concept de construction doit toujours se faire dans le respect des contraintes budgétaires et temporelles fixées d'avance, toute perte de temps étant une perte d'argent.

Dès que la loi sur les investissements hospitaliers fut votée à la Chambre des Députés en 1991, les paramètres financiers présidant à la construction du futur hôpital ont été fixés.

Encore fallait-il que les Congrégations des Sœurs de Sainte-Elisabeth et des Sœurs Franciscaines fussent d'accord pour acquérir le terrain sur lequel l'hôpital serait édifié. En effet, l'Hôpital Kirchberg et la Clinique Dr E. Bohler sont les seuls hôpitaux au Luxembourg pour lesquels le gestionnaire a dû financer le terrain par des moyens propres non opposables au budget hospitalier. Par ailleurs, la Fondation a négocié avec le secteur bancaire un préfinancement pour toutes les parties où le subventionnement direct de l'Etat n'allait pas intervenir, c'est-à-dire la cuisine, le parking, les consultations, l'amphithéâtre et la chapelle. Entre le concours d'architectes en septembre 1995 et le début de la construction en octobre 1999, la Fondation François-Elisabeth a, dès le départ, dû assurer un encadrement managérial pour garantir le respect des budgets divers: parties subventionnées par l'Etat, parties opposables au budget des caisses de maladie et fonds propres.

Pour ce faire, elle a, dans un premier temps, engagé un „project manager“ ayant eu pour mission de veiller au respect des budgets, du temps et de la qualité. C'est ainsi que l'entreprise Drees & Sommer de Munich, avec à sa tête Frank Reuther et Robert Langmaier, a assuré le démarrage du projet avec Klaus Rückert intervenant, pour sa part, comme conseiller architectural de la Fondation François-Elisabeth et de son président. Après le démarrage des travaux, Christian Oberlé en tant que directeur administratif, Marc Schlim en sa qualité de directeur des soins et le Dr Raymond Lies, directeur général et médical et président de la Fondation, ont pris en charge la direction du projet. Et suite à un développement architectural réalisé dans le timing estimé et dans le cadre du budget prévu, l'Hôpital Kirchberg a pu ouvrir ses portes le 4 juillet 2003.

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