Newcom s.a.r.l
Home » 2012-2 » Solarwind Entretien avec Romain Poulles
 

Newcom Editions

Architecture & Bâtiment - Newcom - Bascharage -Tél 23 65 01 75

Echo Magazine - Newcom s.a.r.l - Bascharage

Education

Eductation

Education au Luxembourg - Lisez le Magazine...

Energie

Energie

Energie-au-luxembourg - Lisez le Magazine...

Vieille Ville

Fonds de rénovation

Rénovations de la Vielle Ville - Lisez le Magazine...

Differdange 100 ans

Differdange 100 ans

Differdange 100 ans d'architecture - Lisez le Magazine...

Solarwind Entretien avec Romain Poulles Imprimer Envoyer
Magazine Echo 2012-2

1

1

1

1

1

1

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Romain Poulles :

Je me suis mis à mon compte après des études d’ingénieur civil et un master en gestion d’entreprise. Ma première entreprise était CSD, un bureau d’études et de consultance et d’ingénierie spécialisée dans la protection de l’homme et de ses biens. Je suis aussi le fondateur de Project, Progroup et Pronewtech.

Comment est née votre passion pour l’écologie ?

Romain Poulles :

J’ai toujours été intéressé par les questions liées à l’environnement. Le développement durable repose sur trois piliers : économique, environnemental et sociétal. Dès 1996, avec CSD, j’ai imposé la philosophie du respects des budgets prévus pour tous nos projets, ce qui était plutôt rare pour ne pas dire exceptionnel à l’époque. A ce moment, la sécurité et le respect de l’environnement étaient uniquement vus par les clients comme des facteurs de coût. J’ai voulu montrer qu’on pouvait faire des projets respectueux de l’environnement et de la sécurité des gens tout en étant économiquement viables. Peu à peu, la sécurité et l’environnement n’étaient plus perçues uniquement comme des coûts mais comme une plus-value pour le projet. De fil en aiguille, ma passion pour l’environnement s’est développée en même temps que les techniques, ce qui nous permet aujourd’hui de limiter de plus en plus l’impact négatif des projets de construction sur notre environnement. Je suis père de 5 enfants et je me suis souvent posé la question de ma responsabilité quant à la terre que nous leur laisserons. J’ai aussi vite compris qu’au niveau environnemental, pour convaincre la masse, il faut que les projets fassent sens d’un point de vue économique. C’est là que j’ai découvert le concept Cradle to Cradle (C2C).

Qu’est-ce que le Cradle to Cradle ?

Romain Poulles :

Le C2C est une philosophie qui dit qu’il ne faut pas essayer de diminuer notre impact négatif sur l’environnement mais plutôt augmenter notre impact positif. Là où nous construisons le projet Solarwind, il y avait au départ de l’herbe. Nous avons donc fait faire un inventaire de la faune et la flore présente et nous sommes engagés à accroître la biodiversité sur le site avec notre projet. Au lieu de se contenter de rejeter moins de CO2, pourquoi ne pas purifier l’air grâce à la végétation ? J’intègre à mon projet une logique de cycle. J’utilise l’eau de pluie et je purifie l’eau que je rends à la nature. Un cerisier produit des cerises, que celles-ci soient consommées ou pas. Celles qui ne sont pas mangées par les hommes ou les oiseaux sont intégrées dans un cycle biologique. La notion de déchet n’existe pas dans la nature. Nous avons appliqué cette philosophie à tout notre projet Solarwind, développé ensemble avec le promoteur et co-investisseur Schuler. Dans ce bâtiment, presque tout est prévu pour pouvoir être démonté et réutilisé. Les façades en bois pourront être démontées puis brulées ou réutilisées. Au dernier étage, on n’utilise pas de plâtre mais de l’argile et l’ensemble des murs est en bois massif, sans colle.

Pourquoi juste au dernier étage ?

Romain Poulles :

Simplement parce que cette philosophie a été mise en oeuvre quand le projet était déjà commencé. Notre projet est un projet pilote et nous essayons de constamment l’améliorer selon les 4P : people, planet, profit, pedagogy.

Revenons un peu sur la conception du projet Solarwind...

Romain Poulles :

Nous avons voulu, avec le projet Solawind, réaliser un bâtiment exemplaire. C’est un véritable « nearly zero energy building ». Tout a été fait pour le rendre éfficient en tenant compte des contraintes légales et urbanistiques. Ainsi, tout en respectant la typologie du terrain, nous avons réussi à avoir une implantation Nord-Sud idéale. Notre bâtiment a une forme assez compact en L, soit une juxtaposition de 3 cubes.

Quels matériaux avez-vous employé pour les façades ?

Romain Poulles :

Nous avons une façade en bois sur les étages courants avec 40 cm de ouate de cellulose injectée sous pression, sauf au dernier étage où nous avons utilisé 36 cm de bois massif selon la technique brevetée par l’autrichien Monsieur Thomas. De nombreuses maisons passives sont construites ainsi.

Pourquoi n’avoir pas une seule technique ?

Romain Poulles :

Pour pouvoir concrètement comparer les 2 techniques ! N’oubliez pas que ce bâtiment a autant une valeur écologique qu’une valeur pédagogique. Il en est de même pour les fenêtres. Nous avons cherché le compromis entre une bonne lumière naturelle et une bonne isolation thermique. Du coup, chaque façade a son propre vitrage spécialement adapté à son exposition. Le toit, quant à lui, a été isolé de façon conséquente avec une étanchéité performante et des fils photovoltaïques intégrés. Une partie a été réalisée en toiture végétalisée. Nous avons aussi une façade végétalisée sur un coté qui sert à protéger contre le soleil rasant.

Pourquoi juste un côté ?

Romain Poulles :

Parce que notre budget, s’il se veut confortable, n’est pas non plus illimité. Une façade végétalisée coûte 500 à 600 euros le m2. Notre ambition, avec la façade et la toiture végétalisée, est aussi d’améliorer la biodiversité sur le site, selon la philosophie « cradle to cradle ».

Avez-vous également combiné différentes techniques pour le chauffage et le refroidissement ?

Romain Poulles :

Pour le chauffage et le refroidissement, nous avons adopté un système combinant géothermie avec forage vertical de presque 6 km et d’une dalle active. C’est plutôt long à chauffer ou à refroidir mais ce système a l’avantage d’apporter une très grande inertie au bâtiment. Ce système est combiné à un puits canadien pour préchauffer et pré-refroidir l’air renouvelé dans le bâtiment; à des éoliennes sur le toit; 500m2 de panneaux photovoltaïques côté sud; le refroidissement adiabatique utilisant l’eau de pluie; une chaudière biomasse bois aux déchets, au maximum juste pour l’eau chaude des douches. Les déchets de bois proviennent de notre voisin (réduit le transport). Toutes ces techniques sont complémentaires pour conférer un bon équilibre au tout.

Et en ce qui concerne les économies d’eau ?

Romain Poulles :

Nous avons un système de récupération des eaux pluviales que nous faisons passer dans un tube transparent et visible de tous : cette transparence a une fonction purement pédagogique, on montre ce qu’on fait. Nous utilisons aussi des urinoirs sans eau.

Votre bâtiment est-il certifié ?

Romain Poulles :

Notre projet bénéficie d’une triple certification environnementale. Là aussi l’objectif est de pouvoir comparer les certifications entre elles. Dans ce bâtiment, nous avons pris le parti de laisser l’aspect pédagogique prendre parfois le pas sur l’aspect de rentabilité.

Est-ce à dire que travailler dans vos bureaux coûtera plus cher ?

Romain Poulles :

Nos prix sont dans la moyenne de la zone. Comme nos occupants n’auront quasi pas de frais énergétiques, travailler dans le bâtiment Solarwind coûtera moins cher qu’autre part. Si nous sommes dans la même tranche tarifaire que d’autres bâtiments comparables, c’est parce que nous avons mis la priorité sur l’écologie et non sur certaines finitions luxueuses que nous considérons commes superflues.

Et qu’en sera-t-il de la qualité de vie dans le Solarwind ?

Romain Poulles :

Nous avons placé la barre très haut en termes de qualité de vie pour les occupants. Nous avons ainsi prévu une crèche, une salle de fitness, de la restauration, des salles de réunion en location libre, le wifi partout, des salles équipées pour la téléconférence, etc. Nous avons aussi, toujours dans notre logique de ne rien gaspiller, demandé à des artistes reconnus de réaliser des œuvres avec des déchets du chantier. Le bâtiment dispose enfin de terrasses exposées plein Sud avec un terrain de boules et même un putting green. Combien de personnes pourra accueillir votre bâtiment et reste-t-il de la place de libre ?

Romain Poulles :

Le bâtiment devrait accueillir environs 500 personnes et la moitié est d’ores et déjà réservée.

Quelques mots pour conclure ?

Romain Poulles :

J’aimerais pour conclure parler un peu de notre zone Ecoparc Windhof, dont je suis le président. Au départ, le Windhof était un vilain petit canard. Pour le transformer, j’ai convaincu la majorité des propriétaires de la zone de se regrouper en un GIE afin de mutualiser les services dont nous avions besoin et de combiner nos efforts pour faire de Windhof une zone agréable à vivre et à travailler dans laquelle l’environnement est respecté. Nous achetons ensemble notre énergie verte pour moins cher qu’avant notre énergie grise. Nous avons ensemble mis en place une crèche qui a été remplie en 3 semaines et nous allons en construire une seconde. Nous avons aussi mis en place un site internet avec une centrale d’achats qui permet non seulement de bénéficier de meilleurs tarifs mais aussi d’économiser du carburant car nous avons demandé à être livrés de façon groupée. Nous avons également ensemble souscrit un contrat de sécurité qui couvre toute notre zone y compris certaines habitations privées. Nous avons organisé le covoiturage et avons demandé à la commune des chemins pour pouvoir marcher ou courir. Toutes ces initiatives ont fait que nous avons été contactés afin de réaliser un projet de recherche sur le Craddle To Craddle non à l’échelle d’un bâtiment mais de tout l’écoparc et un projet de recherche sur les smart grid. L’écoparc est une spirale positive pour tout le zoning avec des effets visibles car il devient toujours plus beau et écologique, avec des nouveaux bâtiments verts qui emmergent et des effets invisibles comme l’achat groupé d’énergie verte pour tout le zoning.

Share this post

 
 
Source Text © Newcom s.a.r.l - Bascharage +352 23 65 01 75   |   Publication Online - Site Administrator: Business Solutions 10, rue Emile Mark Differdange