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Magazine Echo 2012-2
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Energieagence Entretien avec Pierre Wolff directeur
L’energieagence prend ses racines dans l’Agence de l’Energie S.A. qui a été créée en 1991 et réformée en 2008, date à laquelle elle s’est scindée avec d’une part myenergy, un GIE subventionné à 100% et d’autre part l’« energieagence ». Les actionnaires de l’energieagence sont l’Etat du Grand-Duché de Luxembourg, représenté par le ministère de l’Economie et du Commerce extérieur et par le ministère du Développement durable et des Infrastructures, ainsi qu’Enovos Luxembourg S.A. et la Société électrique de l’Our S.A..
L’energieagence est, à côté de l’Etat du Grand-Duché de Luxembourg, membre fondateur de myenergy (GIE).
Par ailleurs, l’energieagence est partenaire de MyClimateLux et du fonds nova naturstroum ainsi qu’actionnaire des parcs éoliens “Gemeng Hengischt”, “Kehmen-Heischent” et “Burer Bierg”. La société est active dans trois principaux domaines : le conseil en énergie, la gestion de l’énergie et la formation. Pour faire face à son développement, l’energieagence vient de déménager dans de nouveaux locaux. Rencontre avec Pierre Wolff, directeur
Comment vous sentez-vous dans vos nouveaux locaux ?
Pierre Wolff : Nous nous sentons très bien à cette nouvelle adresse. Nous avons ici la chance de disposer d’une belle salle de formation et d’un parking pour nos clients, ce qui nous permet de travailler dans d’excellentes conditions.
Peut-on dire aujourd’hui que vous avez atteint votre vitesse de croisière ?
Pierre Wolff : On peut le dire. Nous avons ainsi lancé plusieurs nouvelles formations qui ont connu un franc succès. Citons par exemple celle de « conseiller en énergie pour les bâtiments d’habitation », « bilans carbones », ou encore « planificateur maisons passives ». Toutes nos formations s’adressent aux architectes et ingénieurs conseils.
Vous proposez aussi aux entreprises les services pour lesquels vous donnez des formations…
Pierre Wolff : Il est vrai que nous formons à ce que nous faisons. Nous réalisons par exemple des bilans carbones pour deux entreprises luxembourgeoises et en même temps nous formons à ce métier.
N’est-ce pas un peu étrange de former votre future concurrence ?
Pierre Wolff : Pas vraiment car notre formation est ainsi directement ancrée dans la réalité du terrain. Il faut bien comprendre que si nous sommes obligés d’être financièrement viables, notre objectif n’est pas de réaliser des bénéfices outrageux ou d’avoir une croissance exponentielle mais plutôt de remplir une mission visant à permettre d’économiser de l’énergie dans l’industrie et les bâtiments. Nous n’avons pas vocation à remplir seuls cette mission. Du coup, il est logique que nous formions à nos métiers. Nous créons afin ainsi une mutualité de compétences dédiées aux économies d’énergie.
A qui est destinée votre activité d’audit énergétique ?
Pierre Wolff : Nous avons créé un partenariat avec Enovos afin de réaliser des audits énergétiques et des bilans carbone pour l’industrie d’une part, et pour les bâtiments d’autre part.
Dans les deux secteurs, l’audit énergétique est la première étape nécessaire avant toute action d’amélioration de performance énergétique. Seule une bonne connaissance de la situation énergétique permet de mettre en place une politique efficace de réduction des consommations. Au niveau de l’industrie et des PME, un audit montre souvent que l’on peut gagner 10 à 15 % sur sa facture sans le moindre investissement matériel.
Quelle est la différence entre un audit standard et un audit détaillé ?
Pierre Wolff : L’audit énergétique standard vise à une évaluation rapide du potentiel d’économies d’énergies et à définir les premières recommandations de travaux simples à mettre en œuvre.
L’audit détaillé, quant à lui, permet de proposer des programmes d’économies d’énergie. Il doit permettre au maitre d’ouvrage de décider du programme d’investissement approprié pour améliorer ses performances énergétiques.
Si on voit bien les leviers à actionner pour réaliser des économies d’énergie dans les bâtiments, quels sont les leviers sur lesquels on peut agir dans l’industrie ?
Pierre Wolff : Nous n’agissons bien entendu pas sur les processus industriels mais nous cherchons plutôt à valoriser les pertes énergétiques par de la récupération de chaleur. Nous travaillons aussi sur l’efficacité énergétique des bâtiments industriels.
Avez-vous une offre spécialement adaptée aux PME ?
Pierre Wolff : Nos audits ont été développés autour des besoins spécifiques des PME. Il faut savoir qu’un audit peut dans certains cas entraîner un subside étatique de 50%.
Comment cela se passe-t-il concrètement ?
Pierre Wolff : Nous commençons par demander les consommations des 3 dernières années ainsi qu’un schéma des installations techniques. Ensuite, nous faisons le tour du site avec un responsable. Cela nous permet d’avoir une bonne première idée et de présenter nos premières préconisations à la direction de l’entreprise. Il s’agit de l’audit standard.
Ensuite, si la direction de l’entreprise décide d’investir pour optimiser ses installations, nous réalisons un audit détaillé.
Votre fonction se limite donc à l’audit et à l’accompagnement du client ?
Pierre Wolff : Tout à fait. Nous ne sommes liés à aucune technologie, marque ou entreprise et nous tenons à rester neutres à ce niveau. Nous conseillons et c’est au client de décider au final de ce qui doit être fait et par qui ça doit être fait.
Quelques mots pour conclure ?
Pierre Wolff : Les potentiels d’économies d’énergie sont très conséquents tant au niveau de l’industrie que des PME. Nous avons, à titre d’exemple, permis à un client industriel d’économiser 3 GWh/a pour un investissement amorti en seulement un an et demi. Nous essayons, à travers notre travail, de faire concilier harmonieusement économie et écologie pour nos clients. n
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