Entretien avec Jean-Luc Dourson directeur des Laboratoires Ketterthill Imprimer
Magazine Echo 2012-1

Quel est le rapport entre le statut juridique et le développement européen ?
 
Jean-Luc Dourson : Se développer à l’étranger implique un accroissement non négligeable des coûts d’entreprise. Il existe 3 solutions pour assurer ces investissements.
 
La première est l’autofinancement. Cette solution est aujourd’hui inenvisageable pour un laboratoire luxembourgeois car la pression financière tarifaire exercée sur nous est quasi-intenable.
 
Solution 2 : avoir recours à l’emprunt bancaire ; nous y avons recours mais il convient de manier l’emprunt avec circonspection, en bon père de famille.  
 
Dernière solution : le partenariat professionnel et industriel. Il s’agit de trouver des partenaires ayant la même vision professionnelle de qualité des services et d’innovation médicale que nous.
 
Quel a été le choix de Ketterthill ?
 
Jean-Luc Dourson : Nous avons décidé d’ouvrir notre capital à un partenaire que nous avons choisi, en l’occurrence Cerba European Lab. Il s’agit d’un mariage choisi et non subi. Nous œuvrons aujourd’hui dans le cadre d’un réseau européen qui respecte l’identité locale de chaque pays.
 
Quel est l’avantage de ce rapprochement ?
 
Jean-Luc Dourson : L’avantage est de permettre des synergies de chaque côté car nous avons choisi un partenaire dont les activités sont complémentaires aux nôtres. Nous avons chacun nos spécialités et ce partenariat nous permet d’étendre notre gamme d’analyses, d’offrir une meilleure offre de soins à notre clientèle (médecins et patients) et augmente notre capacité d’innovation.
 
Cela signifie-t-il qu’une partie de vos analyses sera faite à l’étranger ?
 
Jean-Luc Dourson : Cela signifie au contraire que davantage d’analyses seront faites au Grand-Duché de Luxembourg. Les analyses qui ont toujours été faites à l’étranger continueront de l’être car le Luxembourg n’a pas la masse critique nécessaire pour couvrir l’ensemble des analyses possibles.
 
Qui est exactement votre partenaire Cerba European Lab ?
 
Jean-Luc Dourson : Le laboratoire Cerba a été fondé à Paris en 1967. Il était au départ piloté par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Il a été privatisé dans les années 70. En 1998, il a acquis le Centre de Biologie Médicale Spécialisée de l’Institut Pasteur et est devenu Pasteur Cerba. L’européanisation de la biologie médicale a conduit le laboratoire Cerba à créer le réseau Cerba European Lab (CEL) qui est actif dans 3 principaux domaines d’activité :
 la biologie médicale spécialisée avec le laboratoire Cerba
 la biologie de proximité, dont fait partie Ketterthill et
 les essais cliniques avec la division BARC NV. Le groupe représente aujourd’hui 1800 collaborateurs avec plus de 160 biologistes médicaux et réalise environ 90.000 analyses par jour.
 
Qu’est-ce que les essais cliniques ?
 
Jean-Luc Dourson : Il s’agit de la biologie utilisée par les laboratoires pharmaceutiques pour tester l’efficacité et la toxicité de leurs nouvelles molécules. C’est un pôle à part dont la maison mère (BARC NV) est située à Gand en Belgique et qui a un bureau sur chaque continent (New-York, Sydney, Johannesburg, Shanghai, et Singapour). BARC NV est le premier acteur européen du secteur des essais cliniques et le 7ème acteur mondial.
 
Parlez-nous du pôle dont vous faites partie…
 
Jean-Luc Dourson : Le pôle de la biologie de proximité est splitté en 2 groupes. Il y a d’un côté la France avec une couverture actuelle du Sud-Ouest, du Sud-Est, de Paris, du Nord, de l’Ouest et de l’ile de la Réunion ; et le Bénélux avec Ketterthill au Luxembourg et LBS, CRI et Medic Lab en Belgique.
 
Quel est à présent votre rôle personnel au sein de CEL ?
 
Jean-Luc Dourson : Je suis associé dans Cerba European Lab en tant qu’actionnaire, je suis l’un des trois membres du comité directoire du groupe, et, enfin, je suis responsable du pôle biologie de proximité pour la Belgique et le Luxembourg.
 
Quelques mots pour conclure ?
 
Jean-Luc Dourson : Notre association avec Cerba European Lab nous permet de conforter notre position au niveau européen tout en respectant et en confortant notre identité locale luxembourgeoise. L’européanisation de la santé est une chance à saisir pour le Luxembourg car nous disposons ici d’atouts concurrentiels non négligeables par rapport aux pays voisins, à condition de faire aujourd’hui les bons choix stratégiques.

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