| Magazine Echo Nr. 2 de l'année 2011 |
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| Magazine Echo 2011-2 | |||
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Si la Grèce touchera la cinquième tranche de son prêt accordé en 2010 par l’UE et le FMI, sa situation n’est pour autant pas réglée et le débat sur la dette grecque aurait même tendance à s’envenimer. Il existe un seul consensus : la Grèce ne pourra pas sortir de la crise sans négocier avec ses créanciers un allégement de sa dette. Plusieurs scénarios sont possibles. Le premier, une restructuration dure, est celui qui est d’emblée rejeté par l’ensemble des responsables européens. Cela consisterait pour la Grèce à négocier avec ses créanciers une réduction des montants qui leur sont dus. Le risque encouru serait une fragilisation excessive des banques européennes et de la BCE qui a racheté plusieurs dizaines de milliards d’obligations grecques depuis le printemps 2010. Sans oublier le probable risque de contagion au Portugal, à l’Irlande, voire à l’Espagne. Refroidis par le cas grec, les investisseurs cesseraient de prêter à ces trois pays, précipitant leur faillite. Si personne ne veut de ce scénario catastrophe, il n’empêche qu’il est envisagé plus que sérieusement par les marchés. Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, est quant à lui favorable à une restructuration douce de cette dette, s’opposant ainsi à la Banque Centrale Européenne (BCE), la France ou l’Allemagne. Cela pourrait consister en un rééchelonnement de la dette accompagné d’une baisse des taux d’intérêts. Si cette solution est moins extrême que la précédente, la BCE s’y oppose formellement, étant d’avis que cela sèmerait le doute chez les investisseurs quant à la crédibilité de la zone euro. Avant d’avoir ses problèmes judiciaires, l’ancien directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, était lui favorable à un nouveau plan d’aide. Le problème est que malgré toutes les mesures d’austérité mises en place depuis un an-et-demi, Athènes ne parvient pas à tenir les objectifs de réduction du déficit qui lui sont fixés, notamment parce que l’impôt ne rentre pas dans ses caisses. Dans l’absolu, la dette grecque ne représente que 2% du PIB européen, et en toute honnêteté la dette américaine est plus importante que la dette européenne. Sauf que l’Amérique peut user et abuser de la planche à billet, ce qui n’est pas le cas de l’Europe qui est tenue par un pacte de stabilité. Il n’empêche qu’une inflation maitrisée donnerait de l’oxygène aux pays endettés, même si l’Allemagne s’y refuse, celle-ci ayant une saine tradition de rigueur budgétaire. Cela dit, l’Allemagne est le grand gagnant de l’euro, celui-ci étant calqué sur le Mark. Grâce à l’euro, une Volkswagen ne coûte pas plus cher qu’une Renault ou qu’une FIAT. Nul doute que du temps des monnaies nationales, la lire et le franc auraient continué d’être plus faibles que le DM et que cela aurait donné un avantage compétitif certains aux industries respectives de chaque pays. Avoir une monnaie unique pour des économies différentes en avantage certains et en lèse d’autre. Il ne serait donc pas anormal que ceux qui en profitent le plus aident un peu ceux qui en profitent moins. Lisez les articles publier de cette edition Sommaire
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