Serge Orban, Avery Dennison Luxembourg Imprimer
Magazine Echo 2010-4

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Echo: Pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs?

Serge Orban: J’ai 39 ans, je suis marié et père de 2 enfants. J’ai été, de 1997 à 2000, ingénieur de projet ici même, puis on m’a, en 2001, nommé responsable de production. J’ai ensuite quitté l’entreprise pour devenir consultant pendant 8 ans, dont 4 ans en tant que directeur. En 2009, j’ai réalisé une mission de consultance pour Avery Dennison. De là, on m’a demandé de reprendre une fonction salariée en tant que directeur d’un site en Allemagne. Lorsqu’Alain Kohnen, qui était directeur du site luxembourgeois, est devenu «operation director», on m’a rappelé au Luxembourg afin de prendre la place vacante. Etant de nationalité luxembourgeoise, j’ai été heureux de revenir au pays, tant d’un point de vue professionnel que familial.

Echo: En quoi consistait la mission qui vous a fait revenir chez Avery Dennison?

Serge Orban: Il s'agissait d'une mission de restructuration. Pendant la crise, on a dû repenser nos systèmes et on s'est aperçu que certaines machines n'étaient plus compétitives. Nous avons donc arrêté certaines machines non rentables. Ce projet a été mené à bien dans les délais et le budget impartis.

Echo: Comment définiriez-vous le marché à l’heure actuelle?

Serge Orban: De janvier à juillet nous avons connu une période de forte croissance et depuis août nous sommes dans une période de stabilisation.

Echo: La restructuration vous avait-elle laissé assez de force pour de suite être compétitifs dans la reprise?

Serge Orban: La restructuration a surtout consisté à travailler sur la compétitivité de nos chaines sans nous défausser de nos forces vitales. Le fait d'avoir réussi à maintenir l'emploi pendant la crise nous a permis d'être prêts pour la reprise. Cela dit, la vigueur de la reprise nous a surpris et nous avons dû faire des heures supplémentaires et avoir recours à des travailleurs intérimaires. Pour la première fois de l'histoire d'Avery Dennison Luxembourg, nous allons dépasser le milliard de mètres carrés envoyés cette année. Le site luxembourgeois d'Avery Dennison représente un pourcentage très important de la production européenne totale du groupe.

Echo: Quel est le challenge que vous devrez relever dans les mois à venir?

Serge Orban: Le challenge sera de réussir à accroitre notre flexibilité au niveau de la production sans avoir des fluctuations au niveau de notre personnel. J'ai été impressionné par le modèle allemand d'Avery Dennison. Il s'agit d'un modèle très flexible et en même temps très solidaire, avec un compte-temps qui fait que l'on peut travailler plus lorsque c'est nécessaire ou rester à la maison lorsque la demande est plus faible, sans que l'on ne perde rien en salaire. Au niveau du Luxembourg, nous avons aussi une certaine flexibilité mais nous devons encore progresser à ce niveau.

Echo: Sur quelles pistes travaillez- vous pour augmenter la flexibilité dans votre entreprise?

Serge Orban: Nous travaillons principalement sur des concepts innovateurs au niveau de la finition. Nous avons déjà des premiers résultats prometteurs à ce niveau. Cela va nous permettre de produire les mêmes volumes avec moins de machines, et ainsi d'avoir de la capacité pour traiter du volume supplémentaire. Il est très important pour nous de maintenir la compétitivité de notre usine luxembourgeoise.

Echo: Par rapport à qui devez-vous principalement être concurrentiels?

Serge Orban: Nous devons être compétitifs à différents niveaux. D'abord et c'est évident, par rapport à nos concurrents. Ensuite, nous devons être compétitifs en interne par rapport aux autres usines du groupe. Au Luxembourg, les coûts salariaux ont progressé de 41% en 10 ans contre 23% en Allemagne. Nous avons donc mathématiquement un handicap compétitif de l'ordre de 18% sur cette période. A nous de trouver des solutions afin d'améliorer nos performances pour combler ce handicap structurel et garder une longueur d'avance. A cela il faut ajouter que notre entreprise, et le Luxembourg en général, doit maintenir sa compétitivité afin de continuer à attirer des investisseurs. Il y a aujourd'hui une forte concurrence internationale pour attirer du capital.

Echo: Quelques mots pour conclure?

Serge Orban: Notre objectif est de continuer de travailler au développement de notre site, qui est déjà le plus grand en Europe, d'augmenter notre flexibilité en travaillant sur la productivité sans avoir recours au capital. Nous voulons conforter notre place de leader européen tant au niveau des nouvelles technologies et dans le développement de concepts de service. En un mot, nous voulons conforter la place d'Avery Dennison au Luxembourg et en Europe .

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