| Mars Di Bartolomeo Ministre de la Santé et de la Sécurité Sociale |
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| Magazine Echo 2010-3 | |||
Mars Di Bartolomeo Ministre de la Santé et de la Sécurité SocialeNous avons toujours eu pour principe de «soigner mieux en dépensant mieux», nous le complétons aujourd'hui par le concept de «gérer mieux pour soigner mieux» Echo: Pouvez-vous nous expliquer le principe de la réforme de l'assu- rance maladie? Mars Di Bartolomeo: Il s'agit d'une réforme qui devra assurer à court et moyen terme le financement du système et qui devra en même temps y apporter des réformes structurelles. Si l'on veut utiliser une métaphore automobile, je dirais que l'on ne se limitera pas à ajouter de l'essence au système de santé mais que l'on va apporter de meilleurs réglages au moteur afin de consommer moins tout en fonctionnant mieux, et aussi améliorer les moyens de pilotage. On ne va cependant pas changer le moteur car les grands axes de notre système de santé ont largement fait leurs preuves. Echo: Quels sont ces axes? Mars Di Bartolomeo:
Il s'agit de: Cette réforme ne rompra pas avec la réforme faite il y a 20 ans mais continuera plutôt làoù cette dernière s'est arrêtée. Nous restons soucieux l'association «préserver et améliorer», mais en gardant à l'esprit l'impératif de maitrise des coûts. Echo: Par quoi cela va-t-il se traduire? Mars Di Bartolomeo:
Nous allons: Le financement du secteur hospitalier sera revu par la création d'un budget global pour tous les hôpitaux. Ensuite, ce budget sera réparti par négociation entre les différents acteurs. Je veux, par cette mesure, inciter les hôpitaux à réaliser des synergies, à fédérer certaines de leurs activités. Au niveau des médicaments, nous envisageons la possibilité de substitution par des médicaments identiques dans leur composition mais meilleurs marché. A valeur thérapeutique égale, nous privilégierons les médicaments les moins chers. Nous créerons une base de remboursement basée sur le moins cher et si quelqu'un refuse de jouer le jeu il paiera lui-même la différence. Ceci ne présentera aucun désavantage pour le patient, qui continuera d'avoir le bon médicament avec comme avantage une participation moindre. Nous allons aussi d'avantage cadrer l'activité labo afin de tout faire par le biais de cette nouvelle loi pour que les analyses labo n'explosent plus. Nous agirons, soit sur le prix, soit sur la quantité et allons aussi lutter contre les doubles emplois par la Le financement du secteur hospitalier sera revu par la création d'un budget global pour tous les hôpitaux. Ensuite, ce budget sera réparti par négociation entre les différents acteurs. Je veux, par cette mesure, inciter les hôpitaux à réaliser des synergies, à fédérer certaines de leurs activités. Au niveau des médicaments, nous envisageons la possibilité de substitution par des médicaments identiques dans leur composition mais meilleurs marché. A valeur thérapeutique égale, nous privilégierons les médicaments les moins chers. Nous créerons une base de remboursement basée sur le moins cher et si quelqu'un refuse de jouer le jeu il paiera lui-même la différence. Ceci ne présentera aucun désavantage pour le patient, qui continuera d'avoir le bon médicament avec comme avantage une participation moindre. Nous allons aussi d'avantage cadrer l'activité labo afin de tout faire par le biais de cette nouvelle loi pour que les analyses labo n'explosent plus. Nous agirons, soit sur le prix, soit sur la quantité et allons aussi lutter contre les doubles emplois par la création de bases de données communes. Nous allons enfin réformer la commission de nomenclature afin d'avoir une nouvelle nomenclature d'avantage basée sur l'évolution scientifique et sur la complexité des actes plutôt que sur la négociation des tarifs. La base scientifique sera renforcée.Tous ces éléments auront un impact sur les dépenses. Echo: Et en ce qui concerne le volet des recettes? Mars Di Bartolomeo: Nous ne pourrons éviter une adaptation des recettes avec une légère hausse des cotisations, de l'ordre de 0.15 à 0.2% pour chacun des partenaires soit par un déplafonnement de la base de cotisation. Les entreprises, les assurés et l'Etat cotiseront toujours moins de 3% pour l'assurance maladie, ce qui reste très raisonnable. Nous recherchons des solutions équilibrées misant sur les économies et une adaptation raisonnable des recettes. Echo: Parlons à présent de l'assurance pension si vous le voulez bien... Mars Di Bartolomeo: Nous sommes en train de préparer la réforme dont nous allons présenter les éléments essentiels au courant de l'automne. Il y a un large consensus pour consolider le système actuel. Le financement tripartite ne sera pas remis en cause, ni l'âge légal de la retraite. L'élément clé sera de créer un parallélisme entre l'espérance de vie et la durée de cotisation. Nous confirmerons le principe des 40 années de cotisation pour le taux plein. Celui qui suit l'évolution vie active / espérance de vie aura une pension comparable à celle dont nous disposons actuellement, et les autres devront accepter une décote. Cette réforme doit se faire maintenant que nous avons suffisamment de réserves. Attendre trop longtemps conduirait à une réforme bien plus douloureuse. Echo: D'autres axes de réflexion? Mars Di Bartolomeo: Nous travaillons sur un projet «droit des patients». Pour l'instant, nous disposons d'une législation surtout axée sur le patient à l'hôpital. Le Luxembourg va se doter d'une loi moderne définissant droits et devoirs du patient dans tout le système et créant des structures de médiation entre les prestataires et les patients. Ce projet entre en phase de consultation. Echo: Où en est le Laboratoire National de Santé? Mars Di Bartolomeo: Nous allons le doter d'un nouveau statut de fonctionnement qui lui donnera la flexibilité nécessaire à son développement dans un cadre concurrentiel de plus en plus poussé. Son statut public actuel n'est pas adapté au recrutement de professionnels disposants d'une spécialisation très pointue. Nous n'avons pas les moyens de recruter les meilleurs au prix du marché. Notre pays a besoin d'un tel institut, surtout dans le cas de crise comme celle que nous avons failli connaître avec la grippe A. Echo: Quelques mots pour conclure? Mars Di Bartolomeo: Nous avons toujours eu pour principe de «soigner mieux en dépensant mieux», nous le complétons aujourd'hui par le concept de «gérer mieux pour soigner mieux».
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