| Dr Jean-Luc Dourson Président de la Fédération Luxembourgeoise des Laboratoires d’Analyses Médicales (FLLAM) |
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| Magazine Architecture & Bâtiment 2010-107 | |||
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Architecture & Bâtiment: Pourquoi avoir fait réaliser cette étude? Jean-Luc Dourson: Parce que cela fait au moins deux ans que l'on tient un discours à la CNS et au Ministère de la Santé comme quoi les laboratoires privés luxembourgeois gagneraient trop d'argent et couteraient plus cher que partout ailleurs. C'est d'ailleurs ce qui avait motivé une baisse de nos tarifs voici deux ans. Nous avons fait cette étude pour voir ce qu'il en était réelle ment, d'autant que la CNS veut à nouveau réviser nos tarifs, ce qui s'apparente à une volonté de mise à mort du secteur des laboratoires privés. Architecture & Bâtiment: On entend parler d'une progression de votre activité de 10% pour l'an dernier, ce qui peut laisser à penser que des économies sont encore réalisables... Jean-Luc Dourson: Le volume d’activité des laboratoires privés a augmenté parce que les patients vont d'avantage dans les laboratoires privés que publics. Il s'agit d'un transfert qui s'est effectué naturellement. Ensuite, pour supporter la diminution des tarifs, nous avons dû procéder à des efforts ultimes de rationalisation et d'automatisation. A coté de cela, nos marges sont minimes et bientôt nous ne pourrons plus investir dans l'amélioration continue de notre qualité. Architecture & Bâtiment: Parlons alors de chiffres… Jean-Luc Dourson: Le tableau montre que le Luxembourg est dans la moyenne de facturation des pays voisins. Cela dit, la comparaison n'est pas évidente car les systèmes de santé varient d'un pays à l'autre. Ainsi, en Allemagne, les tarifs de l'assurance maladie publique sont inférieurs aux coûts de revient des analyses exécutées mais sont compensés par des contrats d'assurance-maladie privés qui couvrent mieux les frais médicaux et qui assurent ainsi la viabilité du secteur des laboratoires privés. Or, ce système de santé à deux classes n'est pas en adéquation avec le système de santé luxembourgeois. Nous avons donc comparé les remboursements des analyses au Luxembourg, en France, en Belgique et en Suisse. Architecture & Bâtiment: Comment expliquez-vous que le bilan standard et le bilan «début de grossesse» soit quasi 2 et 3 fois moins cher en Belgique que dans les autres pays? Jean-Luc Dourson: Pas moins cher, moins pris en charge! La différence est de taille car si en Belgique les tarifs de prise en charge varient fortement en fonction du nombre d'actes par prescription (le tarif diminue si le nombre d'actes augmente), la variation du forfait de base est compensée par la participation du patient au prix des analyses.Au Luxembourg,le patient bénéficie de la gratuité totale de ses analyses médicales. Architecture & Bâtiment: Les laboratoires privés luxembourgeois ne coûtent donc pas plus cher que leurs homologues européens? Jean-Luc Dourson: Si on pousse un peu l'analyse,on se rendra compte que les laboratoires privés luxembour geois non seulement ne coûtent pas plus cher qu'ailleurs bien au contraire, mais ont l'une des meilleures qualités en Europe. Revenons sur la seule ana lyse des tarifs. D'abord, non seulement nos actes ne sont pas mieux pris en charge au Luxembourg qu'ailleurs, mais en plus nous sommes parmi les seuls à n'appliquer aucun dépassement pris en charge ailleurs par les patients ou leur complémentaire santé.Ensuite,la nomenclature luxembourgeoise ne prévoit pas de cotation pour les services hors analyse. Or, il y a une cotation spécifique en France pour la responsabilité de la prise en charge du prélèvement. Ensuite, toujours en France,certaines analyses particulières comme le prélèvement sur enfant sont mieux cotées. Enfin, à noter que les laboratoires publics luxembourgeois, au contraire des laboratoires privés, bénéficient d'une cotation supplémentaire pour l'assrance qualité alors que seuls les lab ratoires privés ont à ce jour des certifications qualité! Ajoutons à cela que les frais de fon tionnement au Luxembourg sont bien supérieurs aux pays voisins, notamment en raison de charges salariales supérieures. Nos infirmières et nos médecins ont les mêmes salaires et la même convention collective que dans les structures publiques du pays. Autrement dit, la rentabilité des labratoires privés luxembourgeois est probablement l'une des moins bonnes en Europe. Architecture & Bâtiment: Mais la CNS doit réaliser des économies… Jean-Luc Dourson: Les laboratoires privés extrahospitaliers ne représentaient en 2009 que 1,9% des dépenses totales de l'assurance maladie. Il est important de souligner que la variation annuelle de l'activité du secteur entre 2004 et 2010 ne représente que 2,4%, à titre de comparaison le PIB a progressé pendant cette période de 6,9% tandis que les frais de fonctionnement de la CNS de près de 8%. L'approche actuelle du gouvernement conduira inévitablement à une disparition de notre secteur d'activité entraînant une baisse massive de la qualité des prestations proposées aux citoyens.L'étatisation des laboratoires, le National Health System,qu'envisage le Gouvernement coûtera bien plus cher que la mise en place cohérente d'une complémentarité de moyens et de missions entre le secteur public et le secteur privé afin d'éviter des redondances inutiles et coûteuses dans les mesures mises en œuvre actuellement. Il devient urgent de clarifier les missions des 2 secteurs ainsi que celles du Laboratoire National de Santé pour lequel de tous nouveaux locaux viennent d'être construits pour un montant de 90 millions d'euros sans que à ce jour les détails de leur occupation ne soient connus. Enfin,à une période où le Luxembourg cherche des voies de développements économiques alternatives,il est regre table de constater que le Gouvernement ne soit pas plus à l'écoute des laboratoires privés représentants un réel secteur de croissance transfront lier source d'économie d'échelle, de diversification d'activité et de création d'emploi. Nous attendons toujours depuis près de 3 ans l'outil juridique adapté pour nous autoriser à réaliser ce développement au travers de l'adaptation législative permettant une exploitation en société. Benchmarking - Niveau des remboursements pour les analyses de biologie médicaleConfrontée à des idées préconçues en ce qui concerne le niveau de la tarification de la CNS (Caisse Nationale de Santé) relative aux analyses de biologie médicale, la FLLAM (Fédération Luxembourgeoise des Laboratoires d'Analyses Médicales) a procédé à une analyse du niveau des rem- boursements selon les nomenclatures en vigueur dans d'autres pays européens. Dans un premier temps il s'avère qu'une telle comparaison n'est pas aisée vu les différences fondamentales entre les systèmes de santé en place : Pour l'Allemagne, les tarifs de l'assurance-maladie publique, sont inférieurs aux coûts de revient des analyses exécutées. Par contre une partie non négligeable de la population allemande dispose de contrats d'assurance-maladie privés qui couvrent mieux les frais médicaux et qui assurent ainsi la viabilité du secteur des laboratoires privés. Or, ce système de santé à deux classes n'est pas en adéquation avec le système de santé luxembourgeois. La FLLAM n'a donc pas intégré l'Allemagne dans son analyse. Pour la Belgique, les tarifs de prise en charge varient fortement en fonction du nombre d'actes par prescription (le tarif diminue si le nombre d'actes augmente). Cette variation du forfait de base est compensé par la participation du patient au prix des analyses (la participation privée augmente plus que proportionnellement avec le nombre d'actes). Pour la France, des forfaits de prise en charge et de sécurité pour le traitement de l'échantillon sont facturés pour chaque prise de sang et le tarif du prélèvement en lui-même dépend de la formation initiale du préleveur. Or en France la majorité des préleveurs sont des techniciens de laboratoire dont les services sont facturés sur base d'un tarif inférieur à celui pris en charge par une infirmière diplômée. Au Luxembourg par contre, la majorité des préleveurs se compose de personnes avec la qualification d'infirmières diplômées. La Suisse, dont la nomenclature vient d'être adaptée en 2009 à la baisse, dispose d'un système comparable à celui du Luxembourg. Il faut noter qu'en opposition au système luxembourgeois, la tarification suisse met un accent particulier sur la facturation des services aux patients. De cette façon, une taxe de commande (de CHF 24,- soit EUR 16,86(2)) est due pour chaque ordonnance et un supplément de transition (de CHF 1,- soit EUR 0,70(2)) est facturée pour chaque analyse pendant la période du 1/7/2009 au 31/12/2011. Il est à noter qu'à ce jour la lettre clé de tarification des actes de biologie médicale en Suisse reste deux fois supérieure à celle du Luxembourg (EUR 0,3557 au Luxembourg contre CHF 1,- soit EUR 0,70(2) en Suisse). Le benchmarking réalisé se base sur la définition de différents bilans types qui selon l'état de santé des patients sont prescrits couramment par les médecins conventionnés par la CNS.
Bilan INR: Conclusion
La comparaison des coûts générés par des bilans standards,pour les caisses de maladie,montre que le niveau
des remboursements au Luxembourg se situe dans la
fourchette des pays comparés et se situe, pour la majorité des bilans, inférieur aux tarifs étrangers.
Cette situation s’accentue encore si on exprime les tarifs
en PPA (parité du pouvoir d’achat) par rapport au Luxembourg.
Croissance des dépenses de santé
de l’assurance maladie
entre 2004 et 2010
Les dépenses de santé du secteur extrahospitalier des laboratoires d’analyses médicales représentent 1.9% des dépenses
de l’assurance maladie en 2009. En analysant la part respective de participation à la croissance (cf. tableau 2), il y a lieu de constater que le secteur privé des laboratoires n’intervient que de manière très faible dans l’augmentation des dépenses de l’assurance maladie en particu- lier face au secteur hospitalier contribuant à plus de 34% à l’augmentation des coûts. Enfin, il convient de préciser que la comparaison des tarifs des analyses médicales des laboratoires privés avec ceux de la France, de la Belgique et de la Suisse positionne le Luxembourg à un niveau très compétitif en termes de coût pour la caisse de maladie.
Les tarifs inférieurs en Belgique sont compensés par une participation financière du patient couverte par des assurances
mutuelles complémentaires.
Pourquoi une nouvelle baisse de près de 15% en 2011?
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